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Vue mer

Vue mer

Boncenne, Colombe

Zoé

  • 15 octobre 2020

    Malgré les promesses d’horizon qu’offrent ces simples mots accolés, « Vue mer » n’est que le banal nom d’un dossier de restructuration de l’entreprise Bouké-Parteneure dont le sort se jouera au 5ème étage d’une tour d’affaires dans le décor limité d’un open-space. Mais, en ce lundi maussade où la nouvelle, telle une grenade dégoupillée, doit être larguée au personnel, Stéfan, le co-dirigeant, reste cloué au siège de sa voiture, sa main refusant d’actionner le démarreur. L’esprit, lui, tourne à plein régime, imaginant heure après heure la journée de bureau des membres de sa team rythmée par les briefs, les mails et le self. Pourquoi n’est-il pas là ? Lâcheté ? Lassitude ? Fuite ?
    Il se les figure tous, vomis à un à un par l’ascenseur, leur perplexité grandissante quant à l’absence inhabituelle du boss. Maria Quaraie, Lucien Perseau, Bart El'Bye (Ah le fameux scribe de Melville), Françoise Deprouste,… Autant de patronymes loufoques pour faire de cet espace clos le théâtre de la vie de bureau et dresser les portraits saisissants du syndicaliste acharné, de la secrétaire dévouée, de l’assistante aux dents longues, du collaborateur dandy, de l’indécrottable tir au flanc ou du stagiaire pistonné, acteurs de la grande comédie du management
    A la lecture de « Vue mer », viennent immanquablement à l’esprit les images des plateformes de téléphonie de « Retour aux mots sauvages » de Thierry Beinstingel ou les discours de cérémonies de remise de médailles du travail de « La médaille » de Lydie Salvayre. A l’instar de ces deux auteurs, Colombe Boncenne radiographie le monde de l’entreprise, terrain miné où la procédure s’appelle « process » et le responsable est un « in charge », où les uns dévorés de jalousie se liguent contre les autres, où les ordinateurs et les sourires carnassiers dissimulent jeux de pouvoir et mesquinerie. Roman grinçant, en trompe l’œil, bluffant dans ses dernières lignes, « Vue mer » croque avec justesse le monde du travail, sa férocité et son cynisme.

    In Magazine Initiales - Novembre 2020


  • par (Libraire)
    22 septembre 2020

    Un vrai délice

    Lundi matin, quelle plaie ! Stefan, leader de sa start up, doit préparer ses collaborateurs à un tournant dans la vie de l'entreprise. Il s'installe au volant de son SUV... et ne démarre pas. 
    Cynique et joyeux, un petit livre tout à fait réjouissant sur les matins embrumés et les cafés jamais assez forts, les petits mensonges et les filouteries modernes. Un vrai délice !


  • par (Libraire)
    7 septembre 2020

    Une journée dans la vie d'une "start up". Vif et enlevé.

    Colombe Boncenne nous avait ravis avec son premier roman, « Comme neige », qu'elle était venue présenter à La Grande Ourse lors d'une rencontre mémorable, qui avait fait salle comble, en février 2016. Elle nous ravit à nouveau avec ce deuxième roman, « Vue mer », chronique acide et drôle d'une journée dans la vie d'une « start-up » au nom improbable de « Bouké et Parteneure », qu'on imagine installée dans une tour de bureaux à La Défense (le restaurant où on se retrouve à midi s'appelle « Le resTOURant »). Colombe Boncenne délaisse ici l'intrigue pseudo-policière qui participait au charme de « Comme neige », pour la galerie de portraits, celle des collaborateurs de « Bouké et Parteneure », victimes consentantes d'un système qui les essore sans jamais leur faire perdre leur humanité. Derrière les rôles de cette comédie humaine qu'énumère la quatrième de couverture (« Françoise la gentille secrétaire, Bart le tire-au-flanc, Guy le contestataire, Charlotte la bosseuse, Rita la jeune-et- jolie assistante.. » ) se cachent des personnages attachants, qui rêvent, doutent, enragent, et... craquent, comme Stephan, « co-manager », qui ce matin « n'a pas démarré» (ce n'es pas sa voiture qui n'a as démarré, c'est lui). Chaque chapitre se conclut par de courts (sauf un ) « poèmes d'ascenseur », tantôt poignants, tantôt grinçants, souvent désopilants, sortes de haïkus qui disent mieux que tout le reste la souffrance de chacun, et ajoutent encore au plaisir de lecture de ce petit livre vif et enlevé.

    Jean-Luc