Conseils de lecture

Odyssée d'Hakim T01. De la Syrie à la Turquie
24,95
par (Libraire)
18 octobre 2018

Touchant et instructif.

Fabien Toulmé est décidemment un auteur sensible. Après "Ce n'est pas toi que j'attendais", roman graphique autobiographique sur la naissance de sa fille handicapée, et "les deux vies de Baudouin", véritable leçon de vie, il vient de publier le premier volume de "L'Odyssée d'Hakim".
Les critiques sont excellentes (Télématin, Les Inrocks...) et méritées. Il a longuement interviewé un jeune réfugié syrien. Il donne ainsi de la chair à ce terme devenu vague de "migrant". Hakim (c'et un pseudonyme) ne faisait pas de politique, il vivait, simplement, il avait créé sa pépinière, il avait sa famille, ses amis, un avenir. Comme vous et moi. Quand, tout a basculé. Dans ce premier tome (il y en aura 3), on comprend, en quelques pages! la situation de ce beau pays, la Syrie, ce qu'est une dictature, pourquoi il a été contraint de partir. En Jordanie, au Liban, puis en Turquie. De plus en plus loin, ... Touchant et instructif.


Servir le peuple

W. Inker Alex

Sarbacane

28,00
par (Libraire)
11 octobre 2018

Voyage au pays de Mao: passionnant et effrayant.

L’usage des mots est essentiel en politique. Utilisés de manière mécanique, ils peuvent signifier tout et son contraire. Dans sa BD « Servir le peuple », Inker démontre comment des mots révolutionnaires peuvent, à l’identique , être des mots de la contre révolution. Voyage au pays de Mao: passionnant et effrayant.
Le Petit Livre Rouge est un livre pour la révolution. Il a été écrit par Mao Zedong.
Le grand livre rouge « Servir le peuple » est un livre contre révolutionnaire. Il est dessiné par Alex.W. Inker.
Pourtant, ce dernier, n’aurait pu exister sans le premier. Directement inspiré du roman éponyme de Yan Lianke, « Servir le peuple » raconte l’histoire de Petit Wu, très modeste paysan chinois, qui engagé par des promesses veut progresser dans la hiérarchie militaire et dans celle du Parti en qui il place tous ses espoirs. « Servir le peuple » devient son mode de pensée et sa clé pour ouvrir les portes de son ascension.

Un jour, devenu ordonnance d’un colonel, parti pour deux mois de sa maison, resté seul avec la jeune épouse du militaire, il va continuer logiquement à suivre la maxime sacrée en obéissant et en assouvissant tous les désirs de l’épouse.

« Alors je t’ordonne de te mettre tout nu! Pour servir le peuple déshabille toi ».

Commence alors, par le double langage et le double sens des mots, une formidable déconstruction d’une idéologie fondée sur le pouvoir d’injonctions qui, prises au pied de la lettre, peuvent devenir contradictoires. L’absurdité règne en maitre et finit dans une démesure totale de sacrilège en sacrilège.

Yan Lianke, qui a vécu de l’intérieur ce cheminement puisqu’il fut lui même militaire et écrivain officiel de l’armée avant d’être censuré pour des écrits jugés subversifs, raconte à merveille ce processus d’abêtissement propre à toute dictature. Dans un huis clos oppressant, le Petit Wu et la femme du colonel jouent la partition d’une véritable tragédie shakespearienne. Les cases silencieuses rendent l’ambiance sourde et le grand talent d’Alex W.Inker est de restituer la théâtralité du récit par des personnages raides, larmoyants à l’excès avec des expressions figées et excessives, à la manière d’un drame japonais. S‘appropriant tous les styles graphiques, Inker abandonne le noir et blanc somptueux de son remarquable « Panama Al Brown », pour griffer les pages de couleurs révolutionnaires dominées par le rouge et le vert. On croirait regarder des estampes chinoises que magnifie une fin dramatique et forte.
Si voulez, à votre tour « servir le peuple », lisez cet ouvrage! Ou pas…. Car n’oubliez jamais que les mots peuvent avoir un double sens.

Eric RUBERT


Malaterre

Gomont, Pierre-Henry

Dargaud

24,00
par (Libraire)
9 octobre 2018

Une BD réussie pour un "héros" raté.

Pierre-Henry Gomont nous emmène sur les traces d’un « connard sympathique », un père ignoble et odieux, qui va abimer sa famille dans sa quête d’un projet en Afrique équatoriale irréaliste et perdu d’avance. Riche comme un roman, beau comme une BD. Une réussite.

Ce qui est bien avec les grands dessinateurs c’est que l’on identifie rapidement leurs créations. Il en va ainsi de Pierre Henry Gomont. Dans sa précédente BD « Pereira prétend », on avait appris à reconnaître ses traits noirs plein de circonvolutions, comme jetés rapidement sur le papier, sans le répit de la moindre ligne droite, dans un apparent fouilli. Gomont, pose ses couleurs de la même manière, traçant des nuages moelleux comme des oreillers, privilégiant les ocres qui restituent la chaleur de Lisbonne ou dans « Malaterre » d’une forêt tropicale. La luxuriance de la forêt, étouffante et grandiose, c’est ce qui attire certainement Gabriel, homme inconséquent, rêveur, et immature qui veut reprendre et reconstruire le domaine d’exploitation forestière « Malaterre » (mal à la terre?) abandonnée en 1929 par ses aïeux en faillite dans cette. Dire que Gabriel est un être détestable est un euphémisme même si en commençant par sa mort, Gomont nous donne quelques pistes pour comprendre son attitude envers son épouse notamment et ses trois enfants. Tout au long de ce roman graphique (rarement cette définition n’a autant parfaitement collé à une Bd), découpé comme un roman en chapitres, nous découvrons la vie de cet homme qui un jour va partir à la recherche d’un possible futur glorieux, abandonnant sa famille à ses chimères, avant de faire venir dans la forêt, de manière odieuse, les deux ainés de ses enfants dans la perpective unique d’une poursuite familiale de l’exploitation.

Gabriel Lesaffre « faisait partie de ses personnes qui ignorent purement et simplement les sentiments, pour autant qu’elles ne les éprouvent pas elles mêmes ».

Comme le dit l’auteur, « Gabriel fait tout pour qu’on ne l’aime pas et on l’aime quand même ». Cette ambivalence est une des forces de la BD. Au fur et à mesure du récit, les deux enfants qui l’accompagnent, à la fois pris en otage mais aussi parfois libres, prennent de l’importance, sous l’oeil d’un père témoin aveugle de leur évolution et de leur passage de l’adolescence à l’âge adulte.

« Manier son petit théâtre d’ombres pour faire signer le clampin en bande la page, ça, Gabriel sait faire ».

L’auteur, lui, sait magnifiquement mener son récit, riche en psychologie et en évènements. Il se révèle, sans l’aide cette fois ci d’un romancier, un véritable écrivain, un écrivain utilisant à la perfection les mots et leur apportant une dimension supplémentaire avec des dessins ouvrant encore plus les portes de notre imaginaire. Une définition parfaite de la Bande Dessinée.

Eric Rubert.

Chronique complète sur le site Unidivers.fr


Le Voyage de Simon Morley
9,40
par
5 octobre 2018

Plongée somptueuse et mélancolique

Pas de technique ni d'extraterrestres, mais un voyage dans le XIXe siècle par la simple force de l'esprit. Ce roman a une force rare, une puissance visuelle et sensible presque hallucinante. Le passé devient présent, vivant, au point qu'on en sort nostalgique, comme le héros ...
Frédéric


Timo l'aventurier

Garnier, Jonathan

Le Lombard

13,99
par (Libraire)
3 octobre 2018

Que faire quand on a lu tous les livres sur terre ?

BD jeunesse.
C'est bien le problème de Timo... Il va alors partir à l'aventure en quête de savoir !
Mais rien ne va se passer comme prévu...
Une BD remplie d'humour, d'aventure et de bonne humeur !
Par le même scénariste que Momo.

Coup de cœur de Lou.