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Conseils de lecture

19,00
par (Libraire)
30 mai 2022

Chainon manquant indispensable

Cela explose de partout. La boue ensevelit des morceaux de cadavres. Les corbeaux se repaissent des déchets humains. Le canon gronde en permanence. Les hommes sont disloqués. Les villages détruits. Le monde se transforme en vaste charnier. Comment imaginer que Céline ne puisse avoir écrit sur ces moments où la raison humaine n’a plus de sens, où la démesure l’emporte, lui qui de surcroit a participé à cette vaste boucherie. Bien entendu il y avait déjà les pages incomplètes de Casse-Pipe où il racontait son engagement dans la cavalerie et une évocation de la blessure au front de Bardamu dans Le Voyage au bout de la nuit mais si on savait qu’il avait été blessé dès les premiers mois du conflit, on ne pouvait pas ne pas concevoir qu’il ne raconte sa détestation de la guerre en mêlant comme toujours la réalité de son existence et sa fantasque et incontrôlée imagination.

Encore fallait il trouver ce texte obligé que l’écrivain évoquait souvent. On rappellera donc brièvement que Céline lors de sa fuite en 1944 laissa dans son appartement de la rue Girardon à Paris des manuscrits qui furent volés à la Libération de Paris par des « Libérateurs », appelés ainsi dédaigneusement par l’écrivain. Un anonyme remet en 1980 au journaliste Jean-Pierre Thibaudat des sacs contenant plus de cinq mille pages de manuscrits céliniens inédits, documents qui seront remis en 2021, après de nombreuses péripéties, aux ayants droits, Lucette Destouches, veuve de l’écrivain, étant désormais décédée.

« Guerre » est le premier manuscrit rendu public, après de très rapides mais complets et indispensables travaux de transcription et d’études. Le texte qui nous est ainsi livré est donc un premier jet, raturé, corrigé, nécessitant normalement une relecture attentive, corrections et suppressions des répétitions par exemple. Que l’on ne s’y méprenne pas, cette « première version » de l’écrivain de Meudon dit l’essentiel, et n’est en aucune manière un brouillon mais une oeuvre à part entière. Le travail remarquable fait autour du manuscrit met à jour les noms des personnages qui changent parfois, comme les grades des militaires mais l’essentiel est là: le génie de l’écriture, le style incomparable, la flamboyance des mots, la violence des sentiments, la vision unique du monde. Et toujours cette invention de la vie.

Le maréchal des logis Destouches fut soigné en 1914 à Hazebrouck puis aux Invalides. Ferdinand seul rescapé de son régiment erre à travers la campagne avant d’arriver et d’être soigné à Ypres puis à Peurdu sur-la-Lys. Il ne dort plus, il est l’objet de désir de l’infirmière Lespinasse qui pourrait rappeler la liaison de Céline avec Alice David, il perd beaucoup de ses facultés, isolé de ses compagnons de chambrée avec qui il partage peu de choses. Ferdinand ne se mélange pas et il faudra l’amitié d’un souteneur, Bébert, qui fait venir sa femme, une prostituée, pour qu’il sorte du Virginal Secours, et décrive de manière prodigieuse la petite vie d’une ville proche du front, où le canon se fait entendre perpétuellement. On entre dans le bar de la place, on dine chez un agent d’assurances, notable du lieu, on est dans la chambre avec Angèle qui offre ses charmes aux officiers anglais de « classe élevée ». Plus qu’ailleurs le sexe a une importance primordiale dans ce texte, mais la sexualité à la manière de Céline, pas celle des caresses et des mots doux, mais celle animale d’un besoin, d’une obligation, d’un désir brut et sauvage.
Foisonnant d’outrances, d’exagérations, de délires, Céline glisse comme à son habitude quelques moments rares de poésie, de repos comme s’il brisait la cuirasse de son cynisme pour dire à sa manière que la vie peut parfois être aussi belle et tendre. Cette expérience de la guerre deviendra récurrente dans toute son oeuvre à venir, son désaveu et désamour de l’humanité « celle qu’on croit quand on a vingt ans », trouve racine dans cette expérience traumatisante psychologiquement comme physiquement.

« J’ai attrapé la guerre dans ma tête » écrit il. Bourdonnante jusqu’à la fin de sa vie des bruits de canon qui envahiront son esprit, elle irradiera le reste de son oeuvre et de son existence, ne sachant pas encore qu’un second conflit modifierait encore plus profondément le cours des choses.


7,90
par (Libraire)
28 mai 2022

Une dark-fantasy qui nous emporte !

La Terre n'est plus que désert et les derniers lieux avec de la végétation sont devenus introuvables. La flore se fait denrée rare, donc extremement convoitée.
Pilly doit à tout prix protéger ces oasis et re végétaliser les endroits de cette planète aride.

Lou


20,90
par (Libraire)
27 mai 2022

Une écriture rythmée

Nous assistons à l'arrivée de Lydia expatriée russe, dans la vie du couple Matisse.
A la fois muse, confidente et assistante durant plus de 20 ans, elle s'immerge discrètement et bientôt de façon indispensable dans cette vie quotidienne du milieu artistique de la première moitié du XXe siècle.

Un trio très intéressant, une écriture rythmée qui va à l'essentiel.


16,50
par (Libraire)
27 mai 2022

Remarquable !

Avec toujours une grande finesse et subtilité, Aki Shimazaki explore cette fois les rapports hommes - femmes au travail, entre autre ...

Son incomparable concision et économie de mots disent pourtant l'essentiel et fécondent la pensée.

Sylvie


James Oliver Curwood

Arthaud

21,00
par (Libraire)
23 mai 2022

Aventure, amour et Grand Nord !

Ce roman de l'écrivain américain James Oliver Curwood publié en 1923 vient d’être réédité par Arthaud dans une nouvelle traduction, pour notre plus grand plaisir ! Lire les romans de Curwood c’est plonger dans les romans d’aventure de notre enfance.

La Femme de l'Alaska c'est à la fois un roman d’aventures et un roman d'amour, avec de magnifiques descriptions de cette nature qu'il connaît très bien.

L’histoire commence sur un bateau qui se dirige vers l'Alaska, avec à son bord Alan Holt, un taiseux, éleveur de rennes qui lutte contre la corruption aux côtés des Indiens, et Mary Standish, une jeune femme très belle, dotée d'une forte personnalité. Une nuit, elle disparaît en pleine mer... Ce livre est intriguant, jusqu’au bout, qui est cette femme de l’Alaska ? Une traître, une femme cupide, une naïve, une idéaliste… ? En tout cas, elle est troublante et trouble notre ami Alan !

C'est un roman un peu désuet et c'est ce qui fait tout son charme !

Vanessa