Conseils de lecture

Un certain Paul Darrigrand
19,00
par (Libraire)
21 janvier 2019

Philippe Besson est un auteur qui chaque année nous emmène dans ses introspections amoureuses. Avec « Un certain Paul Darrigrand », il nous raconte son deuxième amour de jeune homme troublé par la maladie. Pudique et tendre. Comme d’habitude.

Depuis de nombreux ouvrages, l’écrivain s’est attaché à traquer avec un scalpel, les émotions de l’amour, la compréhension de ce premier moment qui fait que deux êtres en un éclair se voient et se désirent, qui fait que « L’histoire vient de commencer ». Paul Darrigrand est le second amant dévoilé et le lecteur comprend rapidement que le scalpel va fouiller les mêmes entrailles.
Cette fois-ci, c’est la maladie qui va interférer dans cette relation d’amour, une maladie qui menace la vie même de Philippe Besson, une maladie qui mange les globules et qui en pleine exaltation d’un amour naissant va bouleverser une passion dévorante. Paul est marié, va être père de famille. Paul, l’amoureux, est maître, semble t’il, du jeu. Philippe Besson, subit, suit dans un dialogue paralysant où il est surtout, l’auditeur et non le conteur. L’univers habituel de Besson se retrouve, un univers égocentrique où l’on parle essentiellement des relations entre les êtres, de passion amoureuse, de sexe, d’affection, d’envie.
A cette thématique devenue récurrente s’ajoute cependant le charme habituel de ses ouvrages: un style simple, pur, sans emphase qui touche au plus juste. Avec une grande sensibilité et une poésie indirecte les textes de Philippe Besson possèdent tous une petite musique, qui transfigure la réalité parfois triviale en petite épopée humaine. La mécanique diabolique des sentiments est décrite au plus près. Inspectant chaque recoin de la psyché humaine, Besson réussit à établir avec le lecteur une sorte de connivence, le persuadant que sa vie et ses textes nous sont personnellement destinés. A moins de ne jamais avoir été amoureux et de n’avoir jamais connu la foudre qui s’abat sur vous, ces « fulgurances, ces immédiatetés, la nécessité implacable ».

Eric Rubert.


Petite philosophie des oiseaux

Dubois, Philippe Jacques

La Martinière

14,90
par (Libraire)
19 janvier 2019

Un vrai bol d'air !

Et si nous prenions un peu de hauteur ?

22 petites leçons de philosophie à tirer de l'observation des oiseaux. Une ode à la contemplation, renouer le lien sacré qui nous unit à la nature pour enfin retrouver la sérénité.
Un vrai bol d'air !

Mila


La Goûteuse d'Hitler
22,00
par (Libraire)
16 janvier 2019

Un roman puissant et bouleversant.

Ce roman est inspiré de l'histoire vraie de Margot Woeltk, seule rescapée des 15 jeunes femmes enrôlées, puis séquestrées pour être les "goûteuses" d'Hitler, qui craignait d'être empoisonné.

Un récit puissant et bouleversant qui explore l'ambivalence des sentiments, l'ambiguïté des relations et interroge surtout ce que signifie être et rester humaine.

A découvrir absolument !
Coup de coeur partagé par Sylvie et Vanessa.


Swan (Tome 1-Le buveur d'absinthe)
22,00
par (Libraire)
14 janvier 2019

Un tour du côté de chez "Swan"... sans Proust.

En racontant les prémices du mouvement impressionniste, Néjib débute la chronique d’une vie parisienne des années 1860. Quand la peinture reflète la société, elle devient le support d’un feuilleton passionnant.

Les planches dessinées de Néjib sont facilement reconnaissables: des traits noirs puissants et structurés qui donnent une priorité au dessin, ce dessin auquel il apporte son originalité en adjoignant une ou deux couleurs par page, comme pour éclairer les scènes d’une manière originale en distinguant l’essentiel du secondaire.
On peut alors s’étonner que l’auteur, qui s’était fait connaître avec le formidable « Stupor Mundi » choisisse comme thème la naissance et l’aventure des impressionnistes.
Il est vrai que d'impressionnistes il n’en n’est guère question pour l'instant. C’est plutôt une période incandescente de contestation artistique qui se déroule devant nos yeux. Courbet et surtout Manet sont dans la BD les prémices et les annonciateurs d’une révolution qui arrive à grands pas, dont on ignore encore tout, mais dont les « rapins » vont déclencher l’étincelle comme l’annonce la première page. Pourtant Néjib ne limite pas sa BD à ces faits si connus et si souvent relatés. Son propos est plus large et constitue l’intérêt majeur de cet ouvrage: c’est le Paris des années 1860 qu’il s’attache à décrire grâce à l’oeil neuf et étranger de Swan et de son frère Scottie, qui débarquent de New York chez leur cousin Edgar Degas pour toucher de plus près à ce monde artistique dont il rêve tant. Scottie, qui apporte dans ses valises, un lourd secret personnel veut intégrer l’Académie des Beaux Arts. Swan, à l’encontre des moeurs de son temps, veut elle aussi créer, dessiner, peindre. En utilisant ce fil conducteur, Néjib peut ainsi élargir son propos et sa palette. Il est alors question d’homosexualité, de féminisme, de misogynie, de conservatisme et d’aveuglement bourgeois dans le décor d’un Paris qu’Haussmann est en train de détruire pour reconstruire une capitale moins accessible aux violences révolutionnaires.
Derrière les destins connus de Manet ou du triste Degas, Néjib réussit à nous conter une époque, où l’on se meut dans une société corsetée, rigide dirigée par l’hypocrisie et les apparences. La BD se lit alors comme un véritable roman policier.
On attend avec impatience le deuxième épisode de ce superbe feuilleton.

Eric Rubert.


Le sillage de l'oubli, roman

roman

Éditions Gallmeister

23,60
par (Libraire)
10 janvier 2019

Apre, rugueux. Magnifique.

1895, au Texas, on se croirait encore au Moyen-Age.
Klara Skala meurt en mettant au monde son quatrième fils, Karel. Inconsolable, le père, fermier et éleveur de chevaux de course, se transforme en brute et élève ses fils à la dure.

Karel est marqué par le sceau de la culpabilité, désigné par ses frères et son père comme "celui qui a tué la mère". La seule marque d’attention que son père lui accorde, c’est de lui laisser monter ses chevaux. Alors, Karel monte à cheval comme un as, frôle la mort en permanence.

Dans ce roman, on fume, on boit, on se bat et si on aime, on ne le dit pas. Absence de la mère, haine du père, liens fraternels malmenés, désirs contrariés, on s'en sort comme on peut.

Roman âpre, rugueux, magnifique.