Conseils de lecture

Tous les hommes désirent naturellement savoir
7,40
par
8 février 2020

Fort comme le soleil, brûlant comme les questions

Ardent portrait d'une femme, qui interroge ses souvenirs, entre Rennes, Alger et Paris, à 4, 14 et 18 ans, en quête d'amour et d'identité, mais aussi questionne ce qu'elle sait de ses parents et grands-parents. Des pas pour comprendre l'abandon et le désir, pour devenir, échapper, être libre. Écrire pour rêver, réparer, adoucir, retrouver la force du soleil perdu, capter la beauté au-delà de la tristesse, chercher l'origine de la violence - et la lumière.

Anne-Marie


Au nom de l'enquête

Wronski, Marcin

Actes Sud

23,50
par (Libraire)
29 janvier 2020

Qu'est ce qu'un polar polonais ?

Au départ c'est plutôt la curiosité qui pousse à ouvrir "Au nom de l'enquête" (traduction très libre du titre original A na imię jej będzie Aniela, qui veut dire à peu près "Aniela était son nom"). A quoi, se dit-on, peut bien ressembler un polar polonais ? Publié en 2011 en Pologne, cet objet non identifié paraît seulement aujourd’hui en France, et l'on comprend assez vite pourquoi tant sa lecture déroute. Marcin Wronski, son auteur, le présente comme un « polar rétro », mais l'intrigue policière (une enquête sur des meurtres de femmes qui s'étalent sur presque 8 années, de 1938 à 1945, à Lublin, ville de l'est de la Pologne), cède vite le pas à une peinture plutôt sombre (c'est le moins qu'on puisse dire) de ce qu'a pu être, en Pologne orientale, l'occupation nazie, puis la « libération » par l'armée Rouge et sa sinistre arrière garde, le KGB, chargé de l'épuration non seulement de la collaboration, mais aussi de la Résistance polonaise.
On se prépare donc avec curiosité à lire un objet non identifié (un "polar polonais"), on découvre quelque chose d'inattendu en effet, et on n'est pas déçu.

Jean-Luc

Marcin Wronski révèle ici son grand talent : décrire le chaos « à hauteur d'homme » en quelque sorte, que ce soit dans une scène hallucinante de bombardement par l'aviation allemande (on pense au "Underground" de Kusturica), dans les images furtives, comme volées par de rares témoins, de la destruction du ghetto de Lublin, ou encore dans l'évocation glaçante, par son seul nom, du camp de Maidanek, tout proche. Si le livre se place à hauteur d'homme, c'est aussi à travers le portrait d'une galerie des personnages forts, hommes et femmes, pétris d'humanité chacun à leur façon, pour le meilleur et pour le pire, à commencer par le héros récurent de Marcin Wronski, le commissaire Zygmunt « Zyga » Maciejewski, alcoolique, grossier, brutal, qui collabore avec l'occupant allemand « au nom de l'enquête », mais s'engage aussi clandestinement, dans la résistance.
Le livre est parcouru de références plus ou moins explicites à Kafka (les seuls livres que Zyga ait jamais lus sont ceux de Kafka, le siège de la Gestapo à Lublin s'appelle « Le Château »), et c'est sans doute chez Kafka qu'il faut chercher l'inspiration littéraire de Wronski, dans le tragique mêlé d’absurde et de grotesque qui donne sa vraie tonalité au livre et fait son originalité. On se prépare donc avec curiosité à lire un objet non identifié (un "polar polonais"), on découvre quelque chose d'inattendu en effet, et on n'est pas déçu.


Django main de feu
17,50
par (Libraire)
28 janvier 2020

Un guitariste incandescent

Efa et Rubio dans cette BD consacrée à Django Reinhardt explorent la jeunesse et l’adolescence du plus célèbre des Manouches. Une vie incandescente traitée sobrement et efficacement. Où la musique traîne en fond sonore.
Instructif, allant à l’essentiel, ce biopic de facture classique rend un hommage justifié à cet homme amoureux de la vie, de la musique, du jeu qui ne pouvait guère se consumer lentement. Django Reinhardt mourut le 16 mai 1953 à Sannois. Il avait 43 ans.

Eric

« Main de feu » le titre de la Bd dit tout. Main de feu c’est la main de Django qui dès le plus jeune âge décide de devenir un grand musicien et s’exerce jusqu’à épuisement au banjo d’abord. Main de feu c’est aussi la main brûlée dans l’incendie de sa caravane, pour laquelle il craint l’amputation et qui l’amènera à jouer de la guitare avec une position particulière sur l’instrument. Main de feu c’est enfin le tempérament de cet adolescent manouche, rebelle, qui refuse d’apprendre à lire et à écrire préférant répéter des heures et des heures des gammes ou séduire les filles. Il est hors norme ce jeune homme né selon le scénario de la BD une première fois au cours de l’hiver 1910 dans un camp en belgique pour renaître une seconde fois à l’automne 1928 à St Ouen après cet incendie.
La BD d’Efa et Rubio s’attarde sur les années des débuts, ces années où le jeune homme superbement doué et conscient de son talent cherche tout simplement à devenir le meilleur de Paris, de France mais, plus sûrement, du monde. On le comprend de suite, Django n’est pas un modèle de modestie, faisant le vide autour de lui à l’exception de son frère Joseph dit Nin-Nin, en adoration devant l’ainé et qui accepta tout. Ce parti pris démontre la force de caractère nécessaire à la réussite. Cette obstination est le fil conducteur de cet album parfaitement documenté, et dont la narration est complétée par un superbe cahier de 16 pages en fin d’album agrémenté de beaux portraits photographiques.
Les chansons rythment les pages comme une ritournelle, en toile de fond, qui accompagne les bons et moins bons moments d’une vie collective dans ses roulottes et caravanes de la « Zone » en périphérie de Paris, où la solidarité n’est pas qu’un mot. .
Le dessin donne la part belle à cette vie collective d’où Django, tout en respectant ses codes et ses valeurs, cherche à s’extraire. Avec Django on ne doute pas et le jeune musicien va réussir, non pas comme il l’espérait mais comme il l’annonçait. S’attaquant au bal musette, au « jass », il va donner à ces styles musicaux une note personnelle, côtoyant les plus grands, Stéphane Grappelli, Duke Ellington, Amstrong, Dizzy Gillepsie et tant d’autres.

Instructif, allant à l’essentiel, ce biopic de facture classique rend un hommage justifié à cet homme incandescent, amoureux de la vie, de la musique, du jeu qui ne pouvait guère se consumer lentement. Django Reinhardt mourut le 16 mai 1953 à Sannois. Il avait 43 ans.


MARCHE BLANCHE
16,00
par (Libraire)
28 janvier 2020

Et si c'était vrai

Un roman glaçant sur l'absence et l'obsession d'une mère à faire revivre une enfant disparue.
Claire Castillon dissèque à merveille les émotions et le processus de folie qui peut s'emparer de ceux qui ont perdu un être cher et dont la douleur ne trouve pas d'issue.

Mila.


Miss Islande
20,50
par
22 janvier 2020

Un pull en laine pour attendre le printemps

Une jeune femme islandaise dans les années 60. Son nom est un volcan. Elle n'aspire qu'à la liberté et à la beauté. Écrire, toucher la peau d'un homme, et sentir la lumière sur les choses. Joli portrait non conventionnel d'une femme libre et d'une artiste, avec la rudesse délicate de l'auteur de "Rosa Candida".

Anne-Marie