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Conseils de lecture

Avant que j'oublie
14,00
par (Libraire)
10 juillet 2020

Bouleversant

Le père est mort. Et après? Il était alcoolique, violent, parfois. Pas toujours. Un ours unijambiste, un "touriste de la vie". Pourtant c'était quand même un père. Alors, avec des mots parfois tendres empruntés à la vie quotidienne, des mots violents aussi, Anne Pauly s'empare de la maison, des objets familiers, des souvenirs pour "faire son deuil" et nous dire combien, finalement, elle l'aimait ce "papa". Doux amer, le style nous trimballe de la morgue au cimetière, des pompes funèbres à l'hôpital, de la vie à la mort.
Il nous emporte ainsi entre souvenir affectif et réhabilitation, entre pleurs et fou rire car finalement il va bien falloir apprendre à vivre.

Un récit intimiste à la portée universelle qui touche au coeur. Un excellent Prix Inter.

Eric


Je ne reverrai plus le monde, Textes de prison
18,50
par
9 juillet 2020

L'imagination au pouvoir

Chez les Altan, l'emprisonnement est une affaire familiale. Le grand-père, puis le père d'Ahmet se sont toujours battus contre les putschistes. Ironie du sort, Ahmet Altan et son frère sont accusés ... d'avoir appelé au putsch (raté) de 2016, dans un "message subliminal".
Bien sûr, il y a les grilles des cellules, les audiences humiliantes, les procureurs mesquins, les jugements absurdes, le grillage au-dessus de la courette en béton ... Il y a l'âge aussi, et l'anéantissement de tout avenir. Tout ce qui fait le quotidien navrant d'un prisonnier d'opinion, surtout quand les autorités sont aux abois.
Mais ces chapitres courts laissent aussi passer l'humour du romancier et du sage, qui observe ses contemporains avec détachement, quand ils déraillent ... Aux policiers venus l'arrêter, qui lui proposent une cigarette, l'auteur répond : "Merci, je ne fume que quand je suis tendu." Voilà comment on résiste à l'arbitraire.
Dans ces textes où le réel avec sa dureté se rappelle sans cesse à nous, les échappées vers le ciel, vers l'ailleurs ou vers les profondeurs de l'âme humaine, sont des clés inoxydables.
"Je ne suis pas en prison.
Je suis écrivain.
Vous pouvez me jeter en prison, vous ne m'enfermerez jamais."

Frédéric


Un homme qui dort
6,90
par
5 juillet 2020

Sommes-nous encore en train de dormir ?

Un jeune homme laisse sonner son réveil le jour de son examen. Il reste dans son lit. Il ne va pas au café. Il reste dans sa chambre à écouter les bruits des gens qui vivent autour de lui. Il se concentre sur tout ce que ressent son corps. Il traverse les jours et les nuits, enfermé dans l'espace de sa chambre et l'indifférence de Paris. Il cherche à s'effacer, à disparaître. Fatigue de soi, dépression, ascèse dans la perception, exercice de contemplation ? Ce narrateur nous appelle à faire l'expérience existentielle de l'immobilité et du silence, de la solitude humaine et d'une absurde force de vie. Un moment pour sortir de notre tristesse.

Anne-Marie


De pierre et d'os
19,00
par (Libraire)
1 juillet 2020

Puissant !

Un roman puissant, magnifique et incantatoire qui révèle (mieux qu'un documentaire ne saurait le faire !) les univers multiples, foisonnants et poétiques du peuple Inuit.
Juste une merveille !

Sylvie


Les intrépides

Campanella, Andrea

Ici Même

22,00
par (Libraire)
26 juin 2020

Magnifiques dessins

On se croirait dans le début d’un film néoréaliste italien. Une rue baignée de soleil. Un ballon de foot qui vole dans les airs. A la fenêtre une jeune fille qui appelle son frère pour lui demander de venir manger. Il manque juste les voix de Marcello et de Sophia. Cela sent l’Italie, la nationalité du scénariste Andrea Campanella, mais nous sommes au Brésil, à Sao Paulo, quelques mois avant la Coupe de monde de foot de 1950. Le Brésil c’est le pays de Anthony Mazza, le dessinateur. Deux pays, mais un même univers celui des gens modestes dans l’après guerre.

Vera, la jeune fille à la fenêtre, et son frère Luiz, vivent paisiblement avec leur père fatigué et usé, Jorge. Les pages renvoient à la modestie et la beauté d’un foyer paisible, où des natures mortes involontaires, sous la magie d’un cadrage et d’une lumière rasante, deviennent des instants magiques de sérénité. En six cases Vera achète des fruits et rentre chez elle. En six pages sont dévoilées la beauté et la poésie du quotidien. Mais l’atmosphère est lourde dans les rues populaires où se préparent les premiers matches de la Coupe du monde et s’affichent quelques films à voir au cinéma Maraba, dont Caiçara, premier film brésilien marquant. A Sao Paulo, règnent les phalanges d’extrême droite qui veulent anéantir, le jeune Mario, jeune boulanger, symbole d’une immigration italienne honnie. Ils s’allient quand les évènements le nécessitent à des patrons représentants d’intérêts privés opposés, comme par hasard, à l’intérêt commun. Une tragédie familiale va faire éruption et fracasser les deux adolescents qui, privés de père, vont devoir affronter la réalité d’une vie sociale marquée par l’injustice, le racisme, la corruption.

Ce contexte politique constitue la toile de fond d’un récit qui se veut une histoire de résistance des faibles contre les puissants. Sur ce thème, Anthony Mazza apporte son immense talent inconnu jusqu’alors en France. Econome de dialogues, il laisse parler le silence dans des cases magnifiques, rehaussées d’aplats de couleurs chaudes. Deux mains serrées sur une jupe, un coin d’immeuble incomplet sur un fond de ciel bleu, une géométrisation de l’espace subliment un scénario traditionnel, dont on dirait qu’il s’efface volontairement derrière la performance graphique.
Les volutes blanches de cigarettes tracent une petite virgule sur les visages des hommes. Les chevelures de jeunes femmes forment des pelotes de laine donnant douceur et tendresse à leur visage. Deux oiseaux sur un lampadaire observent le spectacle de la rue. Une cagette de fruits hésite entre douce lumière et ombre. La beauté est partout sous le dessin de Mazza. Les cases se succèdent sous la forme de gaufriers qui guident la narration, remplaçant les mots inutiles, s’attardant sur la douceur d’un drap accueillant la tristesse d’un visage rond marqué par le deuil.

Eric