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Conseils de lecture

Le prix de la liberté

La Boîte à Bulles

22,00
par (Libraire)
2 juin 2021

Symphonique

C’est une symphonie en noir et blanc. Le blanc d’une partition. Le noir de notes de musique placées sur une portée. Cela semble comme une évidence à lire cette BD qui se tend comme la corde d’un violon pour transmettre les états d’âme tumultueux de Beethoven. Pour le musicien, le monde est bon ou mauvais, la musique est tout ou rien. Il n’est pas homme de compromis et le scénario de Régis Penet nous renvoie l’image d’un génie intransigeant. Les portraits torturés et sombres du musicien sont les moments forts de cette BD et nous plongent dans une lecture d’un indicible silence. Comme Beethoven nous devenons sourds au monde extérieur. Le fond blanc, uni, est cette zone sans bruits, sans sons. La musique sinon rien. Et le génie, sinon rien, pourrait on ajouter.

C’est Eduard le jeune fils du prince Alois von Lichnowsky, protecteur et mécène du musicien, qui assure les transitions entre les différentes séquences de l’évocation de l’existence du compositeur autrichien. En choisissant ce parti pris, le dessinateur évite de donner une image d’Epinal du créateur devenu sourd et ajoute une dimension politique à ses engagements de vie. Eduard se souvient du jour où son père demande au musicien, qui a alors 36 ans, de jouer dans son château pour les occupants français, après leur victoire à Austerlitz. Intransigeant musicalement, Ludwig ne veut créer que des chefs d’oeuvre, pour lui même d’abord. Il refuse de se plier à l’injonction de son protecteur et à s’abaisser à se mettre au piano devant les représentants d’un Napoléon qu’il avait adulé comme Premier Consul mais déteste comme Empereur. « Dites aux français qu’il reste un homme en Autriche qui ne leur est pas soumis et qu’il ne porte aucun titre ». C’est Ludwig.
Beethoven est d’un bloc, un roc, peu soucieux des personnes qui l’entourent, et on ne sent chez lui un peu de douceur et de bonheur que lorsqu’il se promène seul dans la forêt, guettant le bruit du vent dans les frondaisons ou le sifflement de oiseaux dont il ne perçoit plus que des pépiements. Alors, et seulement alors, dans des portraits serrés, Penet donne de Beethoven des traits apaisés, rayonnants. Ce n’est pas rien de nous faire entendre par le dessin ces bruits de la nature ou la composition d’une oeuvre magistrale en gestation, assis derrière une porte car le maître ne supporte pas la présence d’un autre. Et pourtant Penet par de magnifiques cases silencieuses parvient à réussir cette gageure. On entend d’abord, on écoute ensuite et enfin on fredonne. Le Maestro est aux crayons.

Avec talent, Penet brise la statue officielle d’un génie pour donner vie, sous la grâce de son dessin, à un génie avec ses forces et ses faiblesses. Celles d’un être hors normes mais terriblement humain.


Astrid Éliard

Mercure de France

15,00
par (Libraire)
30 mai 2021

Acidulées

Astrid Eliard nous offre des nouvelles à déguster comme des bonbons acidulés. Elles piquent un peu, elles sont savoureuses, et il reste un petit goût sucré à la fin.
Ce sont des personnages de femmes, disons plutôt "classes moyennes", prises dans leurs contradictions qui sont aussi un peu les nôtres... C'est parfois cruel, souvent drôles, toujours tendres car vous terminerez chaque nouvelle un petit sourire aux lèvres.

Vanessa


7,45
par (Libraire)
29 mai 2021

Par l'auteur de "Après la pluie" !

La ville de Kowloon rend les gens nostalgiques...
Sûrement à cause de ses vieux néons et ses immeubles délabrés, mal isolés, ...
Kujirai travaille dans une agence immobilière et agrémente sa journée entre pastèques et cigarettes. C'est une romance entre adultes saupoudrée d'une nostalgie et d'une mélancolie certaine.
... Et quel manga surprenant !!

Lou


16,50
par (Libraire)
24 mai 2021

Des mains pas si douces que cela

Il ne faut jamais croire aux dessins de couverture. Encore moins aux couleurs douces et acidulées. Ni au titre. « Les mains de Ginette » est il écrit. Et des gants, plein de gants, de toutes les formes, de tous les usages est il dessiné. Comme dans un conte pour enfants.
Pourtant un détail étonne: au milieu de ses gants, en subrillance, apparait une forme orange, presque rouge, violente: une pince de crabe. Un intrus. Une alerte.
Et puis Olivier Ka est mentionné comme scénariste. Si on a bonne mémoire on se souvient qu’il avait écrit le texte de la BD « Pourquoi j’ai tué Pierre » qui racontait l’histoire du dessinateur Alfred, le récit biographique d’un viol. Pas franchement une Bd pour enfant.
Dès les premières pages, on se dit en effet que quelque chose cloche. Le dessin est léger mais de vilains enfants hurlent la haine. Une vieille femme, Ginette, est victime de ses moqueries. Muette, elle respire la tristesse, la mort. Potiche elle se traine dans les commerces du village.

Et on continue la lecture, se demandant où l’on met les pieds, où l’on pose les yeux. Et on n’arrête plus de tourner les pages, attiré par ce puits sans fond qui nous emmène vers l’amour fou ou vers la haine? Vers le bonheur ou le malheur? On ne sait plus tant nos sens se sentent trompés, en perte de repères.
C’est la jalousie et ses effets pervers qui se dévoilent alors au coeur de cette Bd si originale et décoiffante. Mais aussi l’amour fou, celui de Marcellin, un homme, passionnément amoureux de Ginette, de ses mains, qui glissent sur la peau pour une descente aux enfers irrespirable. La jalousie voisine toujours avec la passion, la peur de sa perte. Pour une fois ce sont les femmes qui incarnent cette crainte et la violence qui parfois l’accompagne. Mère, épouse, terrifient de leurs cris, de leurs bouches déformées. Les hommes sont un peu bêta, guère méchants, soucieux du bonheur de Marcellin, leur ami, détruit peu à peu par Ginette. C’est l’homme qui est victime de violences, une situation rare mais réelle.
Le dessin léger de Marion Duclos, autrice notamment de Ernesto contribue au sentiment général de malaise: il est léger comme une plume, coloré comme un album de jeunesse et illustre les pires violences. Le visage de Ginette, ses cheveux d’un noir absolu terrifient le lecteur jusqu’à ce que la page devienne complètement rouge. Rouge et noir pour un album aux couleurs pastels, le symbole d’un album paradoxal et dérangeant.

Eric


Buchet-Chastel

17,00
par (Libraire)
24 mai 2021

Jubilatoire

Nan Aurousseau aime les ambiances masculines et l'humour noir, très noir. Ce dernier roman est un petit régal de lecture ! Ca commence très fort avec une terrifiante scène d'ouverture : une attaque d'ours ! Puis, l'essentiel du roman se passe à huis clos, avec quatre drôles de personnages enfermés à cause d'une terrible tempête de neige qui s'éternise...
Nan Aurousseau joue avec les codes du thriller, il s'amuse et nous aussi !

Aimé par Lou et Vanessa