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Conseils de lecture

Arturo Pérez-Reverte

Belles Lettres

17,00
par (Libraire)
26 mars 2022

Journalistes en temps de guerre

Je connaissais le romancier espagnol pour des livres que j'ai beaucoup aimés (Le Cimetière des bateaux sans nom, Le Maître d'escrime, Le Peintre des batailles,...), mais avant de devenir écrivain, Arturo Perez-Reverte était journaliste de guerre.
"Territoire commanche" suit deux journalistes pendant la guerre en ex Yougoslavie. Ce récit qui vient d'être traduit en français est publié dans la collection Mémoires de guerres aux Belles Lettres. Il nous immerge complètement aux côtés des journalistes sur le terrain, c'est un récit direct, sans fioritures, et c'est un bel hommage à ces reporters qui nous informent au péril de leur vie.

Pour compléter ce texte, je vous invite à écouter Laurence Geai, photojournaliste dans Les Chemins de la philosophie sur France culture du 25 mars franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/les-chemins-de-la-philosophie-du-vendredi-25-mars-2022, et à lire le livre d'Emmanuel Razavi "Grands reporters. Confessions au coeur des conflits".

Vanessa


45,00
par
26 mars 2022

Un camaïeu de verts

C’est d’abord un bel objet : cartonné, d’un format confortable et maniable, il nous offre de larges doubles pages où l’illustration est reine. Affiches et couvertures de revues, gravures anciennes, photographies rythment cette histoire d’une prise de conscience progressive, de l’âge des Lumières aux années 2000. Car c’est un autre atout de ce livre : montrer que la lucidité n’est pas l’apanage de notre temps - on pensera également aux travaux de Serge Audier qui ont mis en lumière toute la palette politique des idées écologistes.
Certes, les années 70 sont un moment-clef dans l’émergence de ces luttes, mais il y eut auparavant des contestations plus ou moins entendues, des doutes, et des actions bien sûr. D’une mine de cuivre japonaise à la « Grande Puanteur » de Londres au 19e siècle, de la lutte « artiste » pour la forêt de Fontainebleau aux aspirations zapatistes du Chiapas, ce sont autant de moments où s’affirme une pensée, où s’expérimentent des modes d’action très créatifs, avec joie et insolence souvent. La randonnée, par exemple, celle de jeunes ouvriers anglais dans les années 30, qui entendent marquer leur droit à circuler dans les landes qui leur sont interdites.
Ces personnes ou ces collectifs ont contribué à fissurer la grande barrière théorique qui séparerait nature et culture, voire à la faire voler en éclats : montrant ainsi les richesses de nos relations avec le vivant, qui ne sont pas faites que de prédation.
Frédéric


Roman

Le Livre de poche

7,20
par (Libraire)
17 mars 2022

Captivant, efficace, et très instructif.

C'est l'histoire d'un procès.
Mathilde Collignon a été violée et elle s'est vengée. Ce dernier roman de Mathieu Menegaux (j'ai aimé tous ses romans!) dissèque le fonctionnement de la justice. Les chapitres alternent entre les débats des jurés et les pensées de la victime/accusée qui attend le verdict.
Roman très actuel, il se déroule en juin 2020 en phase avec le mouvement #Metoo, construit au cordeau, comme d'habitude.
Prenant, ce livre nous pousse à nous interroger, à nous mettre à la place de chaque acteur de ce procès, qu'aurions-nous fait ?

Vanessa


7,50
par (Libraire)
16 mars 2022

La France sous nos yeux

Dans les reportages qu'elle publie régulièrement dans Le Monde, Florence Aubenas n'a pas son pareil pour faire partager au lecteur le vécu des « gens », souvent ordinaires, que l'actualité rend tout à coup visibles (les gilets jaunes des ronds-points), ou qu'ils restent invisibles (les petits commerçants qui survivent tant bien que mal dans les villages reculés de l'Aubrac et des Cévennes). A travers ces portraits, c'est aussi l'état d'une société qu'elle décrit. Florence Aubenas c'est « La France sous nos yeux », l'empathie en plus.
Ses livres obéissent à la même démarche, avec l'ambition de fouiller les portraits, de pénétrer les milieux, de faire sentir un climat, en même temps que de mettre tout cela en récit. C'est ce quelle fait admirablement dans « Le quai de Ouistreham ». C'est ce qu’elle fait aussi dans cet « Inconnu de la poste », en s'emparant d'une affaire criminelle jamais résolue, celle de l'assassinat d'une postière, dans un village de l 'Ain, en 2008. Elle s'appuie sur les éléments de l'enquête policière, et en joue habilement pour nouer une intrigue qui nous captive jusqu'au bout. Mais ne nous y trompons pas, c'est une tout aussi captivante photographie de cette France qu'on qualifie souvent de « périphérique » qu'elle nous livre d'abord. Une France oubliée, désertée, lointaine...sauf pour ceux qui y vivent. Le fait qu'un des suspects du meurtre soit Gérald Thomassin, acteur qui a connu son heure de célébrité en tenant le rôle principal dans deux films de Jacques Doillon, et personnalité pour le moins trouble, pimente sans aucun doute le récit, mais c'est une bien plus large galerie de personnages que l'auteure met en scène : la victime, sa famille, ses amies, les habitants du village, commerçants, petits entrepreneurs, notables, marginaux, sans oublier les représentants de l'institution judiciaire, avocats et juges. Et à travers cette galerie de portraits, tous justes, parfois touchants, jamais complaisants, c'est une société en miniature que Florence Aubenas met sous nos yeux, avec la générosité du regard qu'on lui connaît. Et les maux de cette société qu'elle révèle, avec l'acuité du regard qu'on lui connaît aussi.

Jean-Luc


19,00
par (Libraire)
4 mars 2022

Truculent !

Quelle verve ce Jean Teulé ! Je ne l'avais encore jamais lu et je me suis régalé avec ce roman ironique à souhait.
Il ne fait pas bien beau en octobre 1415 dans le joli village "d'Agincourt" comme dirait Henry V le roi d'Angleterre tout défiguré. Deux armées se font face sur un terrain de plus en plus boueux. Les Anglais, peu nombreux, malades après avoir mangé des moules pourries de la Baie de Somme, ne sont pas fiers. En face, toute l'aristocratie française aux premiers rangs. Ils sont serrés comme des sardines, emberlificotés et aveuglés dans leurs armures, mais fiers ! Enfin, pas pour très longtemps. C'est le récit d'une guerre éclair, en 3 heures l'armée française sera décimée, sans pitié. C'est une horreur, racontée avec un humour féroce. C'est un récit sur l'inutilité des guerres.

Régalez-vous !

Vanessa