Conseils de lecture

Anti-manuel d'éducation, L'enfance révélée par les sciences

L'enfance révélée par les sciences

Alison Gopnik

Le Pommier

par (Libraire)
20 mars 2020

A lire d'urgence !

A lire d'urgence pour tous les parents, grands-parents, et tous les intéressés par le développement du jeune enfant.
A la lumière des neurosciences, Alison Gopnik dresse un plaidoyer sensible pour laisser à l'enfant "le temps de l'enfance" ... et dénonce "le parenting" contre productif.

Sylvie


Garcia Franck

Ellipses

24,50
par (Libraire)
20 mars 2020

"Les Incas" qui .... n'existaient pas.

Si vous pensez que « les Incas » sont une coalition de diverses civilisations formées vers le 11ème siècle, qui s’est agrandie géographiquement pour atteindre son apogée et former un Empire détruit par l’arrivée des espagnols en 1532, il va falloir biffer tous les termes de ce que vous pensez être vos connaissances. Les Incas n’ont jamais existé car il n’y eut qu’un Inca, « l’Inca », celui à la tête d’un vaste territoire essentiellement côtier du nord de la Colombie actuelle au sud de l’Argentine. D’empire, il n’y en eut point, ce vocable issu d’une pensée politique européenne et rappelant l’organisation romaine, ne correspond pas à l’organisation pré hispanique. L’Etat inca s’appelle le Tahuantinsuyu, les « quatre parties réunies », le chiffre quatre étant omniprésent, et ne ressemble en rien à nos modèles politiques connus. Ces bases établies, il va falloir éviter ensuite les écueils d’une interprétation a posteriori. Se méfier des chroniques espagnoles à la gloire des conquistadores apportant la civilisation à des sauvages mais aussi des réappropriations indigènes à partir des mouvements d’indépendance de la moitié du 19 ème siècle. Ces mouvements post coloniaux visaient à faire des civilisations incas les prémices d’une société socialiste égalitaire. Il faut tout remettre à plat en oubliant nos « connaissances » très vite périmées sous l’assaut de nouvelles investigations, encore partielles mais en progrès constants.

Par contre, si vous ne savez rien des Incas, alors vous allez pouvoir comprendre le processus de conquête espagnole, les difficultés de son établissement et surtout approcher véritablement la pensée, l’organisation politique de cette civilisation ancrée, contrairement à ce que pensaient les envahisseurs, dans un passé réel et inventé où les mythes eurent une place fondamentale. Plus exactement un triptyque mythique avec d’abord un socle commun aux civilisations andines, Viracocha, force créatrice imparfaite. Ensuite pour justifier la suprématie des habitants de Cuzco, les frères Ayar, à l’origine selon le mythe, de la dynastie des Incas et qui rapprochèrent le pouvoir de la ville, et enfin l’Inca majeur, Pachacutec, placé dans une perspective cosmique. Ce dernier, prit une place primordiale au sein des Incas qui se succédèrent au pouvoir, chef pivot auquel se rattachèrent de nombreuses valeurs dynastiques.Trois socles fondateurs pour la compréhension de ce monde.

S’appuyant sur les recherches archéologiques, scientifiques les plus récentes, cet ouvrage de synthèse se montre aussi passionnant lorsqu’il évoque les conditions de vie des marins sur les bateaux espagnols que le mode de vie des habitants de Cuzco. Il recherche dans les récits non écrits, mythiques, la construction d’une perception de l’univers avec une mission sacrée, éloignée des modes de pensées européennes: organiser l’espace et le temps.

Ce livre érudit mais d’une lecture aisée a le mérite de rendre compréhensible une histoire presque toujours caricaturée et complexe. Franck Garcia, docteur en archéologie à la Sorbonne, ne fait pas dans son ouvrage de la vulgarisation, mais tout en gardant une remarquable rigueur scientifique, il permet aux non-spécialistes de mieux comprendre cette civilisation égale des plus grandes, réduite trop souvent à des images conventionnelles d’adoration du Soleil et de sacrifices. Et qui fut aussi détruite par la mortalité de 90 % de ses habitants, non immunisés contre les maladies apportées par les espagnols. Comme un rappel que l’histoire se répète éternellement.

Eric


Invitation au crime

Le Fanu, Joseph Sheridan

Libretto

8,10
par (Libraire)
19 mars 2020

Ambiance Gothique

Joseph Sheridan Le Fanu , précurseur du roman fantastique irlandais , nous entraîne avec ce roman noir , au coeur des âmes tourmentées des habitants des Hêtres Gris . Cette vieille demeure isolée sera le théâtre d'un meurtre . Tous les occupants vont alors s'épier . Chacun gardera son secret. Un roman sur le mensonge et la cupidité qui mèneront les protagonistes jusqu'au bord de la folie.

Mila.


Vagues à l'âme

La boîte à bulles

15,00
par (Libraire)
14 mars 2020

Vagues à l'âme... mais chaud au coeur.

Les yeux émerveillés d’un enfant pour un grand père boucher dans la Marine, c’est ce que raconte cette BD toute en douceur et tendresse. Une vie ordinaire d’un homme peu ordinaire. Racontée et dessinée avec sensibilité.

C’est un peu comme si on ouvrait une boîte à chaussures pour découvrir et raconter l’histoire de photos sépia. Des photos de famille. Sur l’une d’elles, trois hommes, cigarettes à la bouche, le regard fier et la gouaille insouciante de ceux qui ont la vie devant eux. Ils ont la tenue de marins des années trente. Il est écrit au dos « Quand on est marin, on ne s’en fout pas un brin ». Au centre, celui qui tient par les épaules ses deux amis, s ‘appelle Adolphe Hérault. Il est le grand père de Grégory Mardon, l’auteur de cette BD. Il a cette photo, le dessinateur, mais il n’a pas que cela, car il l’a connu ce grand-père et écouté religieusement pendant les premières années de sa vie: « j’avais 16 ans quand je le vis sur son lit de mort, je regrette à présent d’avoir dû garder cette dernière image en souvenir ».

Alors comme pour exorciser cette vision, il le fait revivre sous la mine de son crayon. Pas de couleurs, de gouaches ou d’aquarelle mais des nuances de gris et de noir qui vont si bien à une vie, après tout, assez ordinaire dans son déroulement peu ordinaire. C’est que ce n’est pas un héros cet aïeul et pourtant à sa manière il ne mena pas la vie de Monsieur Toutlemonde. Adolphe, dit « Dodo » travaille dans une boucherie à Douai mais il se dit très vite « qu’il ne passera pas son existence ici ». Alors il s’engage dans la Marine Nationale pour se retrouver à bord à … la boucherie. Commencent alors des récits de voyage riches d’amitié, de découvertes comme ces pyramides «  des terrils en pierre de taille », de bagarres et d’amour. C’est qu’il est un peu caïd Dodo, un peu sportif, un peu désobéissant et il se retrouve souvent aux fers en fond de cale. Une forte tête qui préfère les poings aux bons-points.

Ces histoires, il les a souvent racontées à son petit fils, les a sûrement enjolivées mais dans l’esprit de l’enfant elles devinrent épopée, mythe familial, suscitant l’imagination du petit Grégory quand son grand père vient chez lui à Arras. Le talent de Grégory Mardon devenu dessinateur, scénariste de Bd et adulte, est de traduire avec une grande justesse de ton cette admiration devant des histoires qui devinrent des légendes.
Le dessin est d’une douceur infinie quand il s’agit d’évoquer l’amour de Dodo pour sa femme et ses enfants. Il capte le passage du temps et les dernières pages de Adolphe en retraite, aimant toujours Carmen et devenant turfiste, avant de succomber à la maladie sont magnifiques. Jusqu’à ce pied de nez de Dodo qui mourut dans une petite chambre à l’étage créant un beau « bordel pour l’amener au cercueil qui ne pouvait passer nulle part ». Tendresse, humour, mélancolie, un joli cocktail auquel le noir et blanc va si bien, écartant tout exotisme ou tape à l’oeil.
A sa manière, cette BD nous donne envie d’aller voir à notre tour la boîte à chaussures dans le bas de l’armoire, pour y rechercher trace de notre passé, qu’il soit couleur sépia ou en couleurs. Et d’y retrouver peut être l’image d’un grand père ou d’une grand mère, image qui s’efface à la vitesse vertigineuse de l’oubli.

Eric


LE SCRIBE
18,00
par (Libraire)
11 mars 2020

Une pépite !

Quelle écriture, quelle douceur…
Chandra, jeune étudiant Bengali, brillant, vient préparer sa thèse de mathématiques à Paris. Il va rencontrer un couple d'originaux qui l'héberge, ses professeurs, un étudiant russe, une américaine, ...et tomber amoureux. Les chapitres alternent entre la découverte de la vie parisienne et la vie à Calcutta où réside sa famille avec qui il reste en contact via Skype. On y découvre ainsi des aspects de la vie en Inde, la mousson, la vie familiale, la situation des femmes, la cuisine, la pollution aussi… Ce livre est plein d'odeurs !
Une écriture ciselée, les descriptions sont juste magnifiques, d'une grande précision, c'est un roman tout en subtilité, doux et qui fait du bien.

A découvrir aussi : Gil de Célia Houdart.

Vanessa