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Le ministère des contes publics
EAN13
9782378561178
ISBN
978-2-37856-117-8
Éditeur
Verdier
Date de publication
Collection
LA PETITE JAUNE
Nombre de pages
144
Dimensions
15 x 10 x 1 cm
Poids
88 g
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Le ministère des contes publics

Verdier

La Petite Jaune

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Il est une part des combats politiques qui se mène dans la langue. Le « c’est comme ça » d’une société n’existe pas sans routinisation langagière, et s’il exprime en fait le triomphe d’un groupe sur les autres, il parle à tout le monde, dominés et dominants, comme s’ils y gagnaient également. Ainsi se trouve verrouillé l’effet des structures – dans notre cas : l’ordre du monde capitaliste. La propriété privée des moyens de production, la subordination salariale, la délocalisation, l’existence des marchés financiers : le « c’est ainsi » néolibéral n’est pas séparable de sa naturalisation par la parole.

Pour que s’opèrent des conversions du regard politique, il faut donc aussi perturber la courroie de distribution machinale du sens.

Le sens commun charrie en effet des « raisons » économiques dont la technicité – parfaitement
opaque aux non économistes –, relève d’un univers réservé. Nous les parlons couramment sans en saisir les visées ; elles se saisissent de nous à proportion qu’on en ignore.

Parmi les opérateurs de cet escamotage des affaires de la cité, l’impératif de remboursement de la dette publique fait spécialement figure de croque-mitaine : il suffit d’en appeler à elle pour que les décisions les plus aberrantes et (la covid l’a montré) les plus meurtrières, se trouvent instantanément justifiées, ou plus exactement retirées à l’examen et à la discussion collective. L’incompréhensible vire de fait à l’indiscutable par l’entremise d’un appareil discursif, un
« disque », selon les termes d’Orwell, qui ventriloque tout le corps social.

Ce livre s’attaque à l’un de ses morceaux les plus fameux : le discours automatique de retour à l’équilibre des finances publiques. « La dette publique c’est mal » est énoncé d’un seul tenant, comme tous les discours automatiques : forme-phrases aux composantes accolées par l’habitude. Son efficace est celle d’un réflexe ; à tant le dire, à tant l’entendre, à tant le répéter, on ne s’avise plus guère de ce qu’il est. Et de ce qu’il nous fait.
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