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Alex-Mot-à-Mots

https://alexmotamots.fr/

Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Rien ne s'oppose à la nuit - Grand prix des Lectrices de Elle 2012
8 décembre 2011

Voilà enfin que ce roman tant attendu est parvenu entre mes mains et devant mes yeux. Devant les critiques dithyrambiques de la blogosphère, je vais émettre un bémol.

Oui, ce roman, ou plutôt, pardon, ce récit d'une vie, est bouleversant. Pourtant, de la vie de Lucile, je n'ai lu que des blancs. A quoi pensait-elle quand son regard était "ailleurs" ? (Allez, je vous vois arriver : sa fille dit elle-même qu'elle récolte des témoignages et qu'elle ne veut surtout pas romancer. Certes, mais nous ne saurons pas grand-chose de la jeunesse de sa mère). Sa personne s'inscrit dans l'absence, le vide, déjà.

Oui, ce livre parle de la folie de sa mère. Mais ce n'était finalement pas sa fille aînée la plus proche d'elle lors des crises, avant et après. Elle a très vite pris ses distances. Je ne lui en veux pas, j'ai fait la même chose.

Alors pourquoi choisir d'écrire si rapidement sur la mort de celle qu'elle connaissait si peu ? Pour s'en libérer ? On ne s'en libère jamais tout à fait. L'auteure arrive à une chouette conclusion, mais si l'on a soi-même été un tant soit peu été confronté au problème, il y a longtemps que l'on en a tiré la même déduction.

Au final, j'ai bien aimé la comparaison avec les toiles noires de Pierre Soulages. Le "personnage" de Lucile s'inscrit "par défaut" et brille par reflets, grâce aux réflexions des autres.

Je reconnais tout de même que le travaille qu'a entreprit l'auteure, je ne l'aurai pas fait : remuer ciel et terre pour tenter de comprendre le geste fatale de sa mère. Briser les tabous familiaux, faire remonter les vieilles rancunes et les anciens drames. Je lui tire donc mon chapeau.

J'ai trouvé qu'il manquait plein des choses dans ce récit : les voix masculines (le père de l'auteure, entre autre, qui aurait pu, lui aussi, apporter son éclairage).

Mais je comprends maintenant aussi un peu mieux pourquoi ce roman n'a pas reçu le Prix Goncourt.

L'image que je retiendrai :

Bizarrement, celle de la couleur noire, comme les toiles de Soulages et le pull sur la couverture. Pourtant, c'est un roman qui m'a paru très lumineux.

http://motamots.canalblog.com/archives/2011/11/14/22666767.html

Meurtres pour rédemption

Karine GIEBEL

Fleuve éditions

21,90
8 décembre 2011

Quel livre mes ami(e)s ! On en prend plein la tronche pendant près de 800 pages. Pardonnez-moi l'expression, mais l'univers de la prison dans lequel nous plonge ce livre n'est pas tendre.

Certes, Marianne n'est pas une enfant de coeur non plus, mais elle s'en prend plein la tête et le corps, parfois de façon justifiée, parfois non. J'ai découvert par le menu la vie des prisonnières et leurs rapports "sociaux" entre elles et avec les maton(ne)s. Que "cantiner" coûte plus cher qu'en liberté et qu'il vaut mieux ne pas faire venir le médecin quand on est malade (de toute façon, il ne peut pas vous garder longtemps à l'infirmerie).

Il y a tout de même de l'espoir dans ce roman, un peu, et de l'amour, beaucoup. Car Marianne a su faire germer en elle un sentiment dont elle ignorait tout : l'amour.

Un roman cruel, dur, dont je suis sortie différente et qui me marque encore.

Car l'auteure a su faire passer une ambiance, et ce sans chichis verbeux. On est littéralement en prison avec Marianne, on se fait tabasser en même temps qu'elle (même si on n'adhère pas à ses réactions parfois un brin primaires). Et il faut, avec l'héroïne, supporter l'enfermement pendant plus de 700 pages.

Et puis il y a l'histoire plus "politique" qui arrive en milieu de roman (et cela m'importe beaucoup), même si en elle-même elle n'est pas révélatrice sur les grands secrets de notre chère République, elle éclaire les personnages sous un nouveau jour,jusqu'à la fin. Et quelle fin, mazette...

Bref, je m'en veux d'avoir laissé ce roman si longtemps dans ma PAL, voilà une erreure (judiciaire) réparée.

Plus qu'un coup de coeur, un roman coup-de-poing qui vous ébranle, forcément.

L'image que je retiendrai :

Celle de Mariane pleurant dans sa cellule après sa "correction" dans les douches.

http://motamots.canalblog.com/archives/2011/11/12/22655013.html

Crimes sans importance
10 novembre 2011

Nous suivons le héros, ancien flic, à sa sortie de prison. Et, mauvaise habitude de lecteur, je me suis prise de pitié pour ce pauvre homme, abandonné par femme et enfants, obligé de retourner vivre chez ses parents. Un homme que la cocaïne et les mauvais paris avait plongés au fond du trou.

Mais tout de même, il avait des réactions bizarres. Toujours à chercher la solution de facilité, quitte à tuer tout le monde autour de lui. Certes, ses anciennes connaissances profitent de lui, mais pourquoi rester dans une ville où rien ne le retient ?

Parce qu'il est complètement barjot. oui, oui, le héros de l'histoire est un malade pathologique. Et quand on comprend ça, le récit part en vrille vers les bas fonds.

Complètement barré, mais l'écriture est maitrisée jusqu'à la fin.

Un polar bien ficelé à l'humour plus que décalé.

L'image que je retiendrai :

Celle de Joe se faisant mettre dehors par ses vieux parents.

http://motamots.canalblog.com/archives/2011/11/10/22628903.html

Préparer l'enfer
10 novembre 2011

Mornau prépare notre enfer, certe, mais aidé par une main de maître. Car c'est Brunard qui décèle en lui des talents cachés, mais surtout, un désintérêt total pour la vie humaine.

Mais au moment où débute le récit, Mornau en a assez et se fait arrêter par un policier à qui il raconte tout, depuis son enfance jusqu'à ses assassinats "politiques".

Au début, on ne devine rien ; et puis petit à petit, la voix se trace jusqu'au dénouement final qui n'étonne pas tant que cela car ce roman est très "noir".

Un sacré clin d'oeil à la vie politique française à peine déguisée sous des sobriquets comme "Le Petit" pour désigner le président. Sans oublier le tir à boulets rouges sur la presse.

L'image que je retiendrai :

Celle de Mornau avec son parka toujours sur le dos, même au plus fort de l'été.

A ce propos, j'aurai plutôt mis parka au féminin, pas vous ?

http://motamots.canalblog.com/archives/2011/11/08/22596687.html

Les Murmures, roman

roman

Presses de la Cité

10 novembre 2011

Un polar au goût classique, mais ne vous y trompez pas, il y a du "politique" là dessous. Et j'aime ça.

L'auteur revient sur les guerres et les Stress post-traumatiques, mais aussi sur les mensonges de l'armée américaine : au moment de l'engagement, elle promet au postulant (l'impétrant, dirait certain...) qu'il aura une bourse d'étude : ce que très peu obtiennent ; une prise en charge de ses blessures : mais seulement si il est reconnu à 100%, ce que très peu obtiennent...

Sans oublier que la Grande Muette américaine ne s'occupe plus du tout de ses anciens combattants. Mais ça, les anciens du Vietnam auraient pu leur dire.

Et puis, dans ce roman, on court après le meurtrier, certe, mais aussi après le Trésor, celui qui murmure. Quel est ce Trésor ? Pourquoi était-Il caché ? San soublier que des hommes bien étranges le cherche également.

Bref, je me suis régalé à la lecture de ce roman qui ne m'a pas fait peur, mais qui m'a fait passer un agréable moment en compagnie de personnages bien troubles.

L'image que je retiendrai :

Celle du bar à la frontière du Canada dont le patron connait toutes les allées et venues des camionneurs, et qui transporte quoi.

http://motamots.canalblog.com/archives/2011/11/07/22586730.html