Ponant

Le Dernier Fleuve

Hélène Frappat

Éditions Actes Sud

13 avril 2019

Deux petits garçons se retrouvent seuls en pleine nature. Leurs pas les ont guidés au bord d'un fleuve où ils s'installent. Ils y découvrent la nature et le peuple de ce monde aquatique.
On ne sait rien de ce qui les a amenés là ni pourquoi ils doivent apprendre à survivre. Pour vivre cette lecture comme une véritable échappée belle, il faut accepter de s'abandonner, de passer d'une réalité à une autre et comme dans un rêve se laisser perdre, sans notion de temps ni de lieu.
Riche en couleurs, l'écriture d'Hélène Frappat fait résonner la poésie d'un univers merveilleux où le fleuve règne en maître, faisant ou défaisant le paysage au gré de ses humeurs. Souvent enchanteur, il peut à tout moment devenir menaçant mais toujours il nous emporte vers l'imaginaire fantastique de l'enfance pour nous offrir un moment qui rafraîchit autant qu'il captive.

Les îles aux pins
2 mars 2019

Matsushima ya 

aa Matsushima ya 

Matsushima ya

Si vous êtes intrigué(e) par ce haïku , sachez que vous le serez encore bien plus en prenant la direction de Matsushima , la baie des îles aux pins, dont la beauté laisse le poète sans voix. Pour y arriver il vous faudra tailler la route en compagnie de Gilbert et Yosa, deux drôles d'acolytes. L'un veut se détourner du monde, l'autre veut le quitter.
Gilbert, un universitaire berlinois, utilise le prétexte d'un cauchemar pour larguer les amarres et s'envoler tel une feuille morte vers le Japon qu'il a manifestement choisi au hasard . A l'aéroport il achète le célèbre classique japonais sur le pèlerinage du poète Matsuo Basho qui lui servira de guide touristique.
Yosa est un étudiant japonais totalement désespéré à la recherche du meilleur endroit pour mettre fin à ses jours. Son guide à lui recense les lieux de suicide les plus populaires du pays.
Les deux hommes se rencontrent à Tokyo et c'est ensemble qu'ils entament un voyage insolite sur les traces d'un poète disparu depuis 300 ans.

Avec ce roman il ne faut pas s'attendre à un récit de voyage classique. Marion Poschmann mêle à la découverte de certains aspects de la culture nippone des considérations botaniques et des réflexions philosophiques sur la pilosité masculine, le tout saupoudré de poésie.Tout ce qui concerne les contingences matérielles est gommé comme par magie.
De prime abord le sens de tout ça n'apparaît pas clairement. Pour moi il est resté totalement obscur, ce qui ne m'a pas empêchée d'apprécier la grande beauté du langage et surtout l'humour de ce texte. Le regard d'un européen face aux particularités d'une culture à laquelle il ne connait strictement rien donne lieu à des des scènes merveilleusement comiques. Les réactions de Gilbert devant ce monde raffiné donne l'image d'un vrai rustaud. Peu attiré par les beautés naturelles, il aurait même tendance à trouver tout ce qu'il découvre sans grand intérêt, voire moche. Mais en en prenant l'étroit sentier de la poésie, s'il n'atteint pas le satori, une petite fenêtre s'ouvre quand même dans son esprit...

En compagnie de Gilbert j'ai bien ri et je me suis un peu ennuyée avec ses histoires de barbe qui ont fini par franchement me barber. ☺ Ce petit voyage au pays du soleil levant ne m'a pas déplu. Il faudrait que j'y retourne !

Quand le ciel se déchire
25,00
23 février 2019

Cette édition réunit des nouvelles déjà parues dans trois volumes (Comment plumer un pigeon - En déroute - La Fête des corbeaux) auxquelles s'ajoutent quelques histoires inédites.
La plupart de ces 45 nouvelles se déroulent dans le Montana, le pays de McGuane, un pays de bétail, de terres agricoles, de grands espaces et de petites villes peuplées de toute une variété de personnages un peu rudes ou un peu en déroute. Des âmes égarées par de mauvais choix, faits par lâcheté ou bêtise, ou par des incidents malheureux. Toutes racontent en vrac une Amérique perdue. Entre rébellion et solitude, nostalgie d'un passé mythique et présent déprimant, ces histoires teintées d'humour, de lucidité ou de mélancolie sont finement observées, même si leur portée sociale est limitée et leurs conclusions parfois assez nébuleuses.
Tout l'intérêt de cette copieuse compilation de 667 pages est de découvrir comment les histoires de McGuane sont devenues plus complexes au fil du temps, à la fois plus sombres et plus drôles. Une bonne façon de découvrir cet auteur qualifié d'enfant terrible de l'Amérique.

JUSQU'A CE QUE LES PIERRES DEVIENNENT PLUS DOUCES QUE L'EAU
23,00
8 février 2019

Dans cette vaste analepse fragmentée et vertigineuse, Antonio Lobo Antunes explore les traumatismes psychiques engendrés par les horreurs de la guerre. Elle nous fait pénétrer dans les esprits perturbés de deux hommes qui ont vu leurs vies bouleversées par la guerre d'indépendance d'Angola. D'incessantes reviviscences parasitent leurs pensées en les ramenant sans cesse vers l'Afrique , là où se nouent les origines du drame qui va se jouer entre un père et son fils.
C'est un livre troublant qui provoque un réel malaise face aux terribles descriptions de la réalité de la guerre et nécessite beaucoup d'attention. Au premier abord cette lecture désoriente totalement avec ses longues phrases au rythme chaotiques puis, une fois le style narratif assimilé, elle devient bouleversante même si elle reste ardue.

Nedali, Mohamed

Éditions de l'aube

14,00
10 novembre 2018

Dans ce texte qui répond à tous les critères du conte philosophique et où le désir immodéré de richesse tient lieu de boussole, la stupidité le dispute à la filouterie.
Derrière les péripéties d'un pauvre villageois plus bête que méchant, s'esquisse le portrait d'une société d'hommes incapables d'entendre la voix des femmes. Une voix pourtant pleine de bon sens qui est peut-être leur vraie richesse...