Les livres tout près de chez vous !

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Jean-Luc F.

http://www.lagrandeoursedieppe.fr/

par (Libraire)
3 décembre 2018

Les vivants et les morts

On ouvre ce livre presque par hasard, parce qu’on a entendu son auteure parler merveilleusement de Guillaume Apollinaire, un matin sur France Culture. Et l’on découvre un des plus beaux récits qu’on connaisse sur la Première Guerre Mondiale, un des plus beaux romans tout court qu’on ait lus depuis longtemps. Laurence Campa, qui a écrit une biographie d’Apollinaire et publié une partie de sa correspondance se nourrit de la connaissance intime qu’elle a et du poète et du combattant. La description de l’univers des tranchées, à travers les yeux d’un jeune lieutenant, Eugène Thomas, est d’une précision et d’une intensité hallucinatoires. Celle du courage et du désespoir de ces hommes condamnés à tenir une position intenable sur le front de la Somme et qu’Eugène voit disparaitre les uns après les autres, est poignante. L’écriture de Laurence Campa, d’une grande puissance d’évocation, n’y est pas pour rien. A commencer par le titre du livre, dont le mystère ne se révèlera qu’à la fin, quand Eugène, gravement blessé, convalescent, osera de nouveau se souvenir de la belle Colombe, et ainsi, revenir dans le monde des vivants.

Vingt leçons du XXᵉ siècle

Gallimard

9,50
par (Libraire)
19 novembre 2018

De notre responsabilité

Timothy Snyder, grand historien américain, spécialiste du XXe siècle européen, du stalinisme et du nazisme, livre ici ses réflexions, écrites dans l’urgence après l’élection de Donald Trump, sur l’avenir de la démocratie. Il le fait sous forme de « leçons », étayées pour chacune d’entre elles par un exemple pris dans l’histoire du XXe siècle, et brillamment exposé. Ces leçons prennent la forme simple de préceptes, ou de principes, que nous pourrions trop facilement oublier. Un exemple ? : « Prendre soin de notre langage ». Pourquoi ? Pour éviter de répéter ce que tout le monde dit. Comment ? En se « dissociant de l’internet, en lisant des livres ». Un autre exemple ? « Défendre les institutions ». Pourquoi ? Parce que « les institutions ne se défendent pas elles-mêmes, et tombent l’une après l’autre si elles ne sont pas défendues ». Comment ? En, votant, « tant qu’il est encore temps », en lisant les journaux, et encore mieux en s’y abonnant, pour les faire vivre.
Des leçons simples, presque évidentes, et qui pourtant nous éclairent de façon parfois fulgurante par leur évidence même sur notre responsabilité de citoyens. A lire de toute urgence.

par (Libraire)
19 novembre 2018

Ma sorcière bien-aimée....

En s’appuyant sur l’histoire terrible des « chasses aux sorcières » qui tuèrent, sur le bûcher, sous la torture, ou simplement de mauvais traitements dans les geôles, entre 50 et 100 000 femmes dans l’Europe des XVIe et XVIIe siècle -histoire qu’elle retrace utilement dans un longue introduction- Mona Chollet dresse le portrait-type des femmes qui aujourd’hui, dans nos sociétés, pourraient incarner l’image fantasmée de la « sorcière ». A savoir la femme indépendante –célibataire ou veuve-, la femme sans enfant, et la vieille femme. C’est notre propre regard sur ces femmes qu’interroge ce bref essai, à la fois limpide et percutant, et où l’approche féministe ne prend jamais le pas sur la rigueur du propos.

19,00
par (Libraire)
23 septembre 2018

La chambre claire de Jerôme Ferrari

Jérôme Ferrari, qui n’oublie pas qu’il est philosophe, mène dans ce livre une réflexion brillante sur la photographie, son lien intrinsèque avec la mort (Il a lu le bel essai de Roland Barthes « La chambre claire »), et sur l’obscénité des images en temps de catastrophe et de guerre. Mais il le fait avec les outils du grand romancier qu’il est : des personnages tragiques et pourtant profondément humains, ou plutôt tragiques parce que profondément humains ; une liberté narrative qui n’appartient qu’aux grands auteurs (le chapitre central du roman, poignant, est consacré à la vie d’un photographe serbe, sans rapport apparent avec le reste de l’histoire) ; une écriture souvent qualifiée de somptueuse, où la phrase semble se déployer à l’infini, passant d’une voix à une autre, comme pour mieux entrer dans la vibration de la vie. Un grand roman !
Coup de coeur de Jean-Luc.

par (Libraire)
11 septembre 2018

Les Balkans au coeur

La Grande Ourse a une tendresse particulière pour Emmanuel Ruben, premier auteur à avoir été reçu à la librairie, lors d’une rencontre mémorable, en mai 2015. Écrivain avant tout (dans le sens où pour lui l’écriture est essentielle), Emmanuel Ruben n’oublie pas qu’il est aussi géographe, et nous livre ici une analyse d’une grande acuité, traversée de moments de méditation, sur la situation géopolitique des Balkans, ce « cœur de l’Europe »*, déchiré entre replis nationalistes et rêves perdus de grandeur. Il est question de géographie, de paysages, d’histoire, bien sûr, mais aussi du grand écrivain Ivo Andric, et de Tintin, et des films d’Emir Kusturica. C’est bref, érudit, bien loin de tout lieu commun, et donc indispensable !
* Le titre du livre est tiré d’une citation, placée en exergue, de Nicolas Bouvier dans le magnifique « L’usage du monde » (dont on ne recommandera jamais assez la lecture) : « (..) La France peut bien être -comme les Serbes se plaisent à nous le répéter- le cerveau de l’Europe, mais les Balkans en sont le cœur, dont on ne se servira jamais trop »