Sylvie-Jeanne B.

Le Goût sucré des souvenirs

Les Escales Éditions

19,90
par (Libraire)
1 mars 2018

Touchant - Emouvant

« - Ne vous faites pas d’illusions. C’est l’enfer qui gouverne. » est une des phrases marquantes de ce très beau roman tissé de nostalgie et d’amour. (Sylvie Jeanne)

L’apparition des fruits sur le vieil abricotier du jardin, donne à Elisabetta Shapiro, quatre-vingts ans, l’occasion de faire des pots de confiture et de replonger dans son douloureux passé.

« Elle avait goût de fumée et de fond de casserole brûlé, cette confiture trop sucrée, si bien qu’au bout d’une cuillérée, on en avait assez. »

Sa vie de petite fille se mêle étrangement à sa vie d’octogénaire, incluant au jour le jour l’apparition de ses deux sœurs ainées, Rahel et Judith, disparu dans un camp de concentration pendant la guerre.

« - ...Elle tremblait tellement que j’ai voulu prendre sa main, mais on nous a séparées d’un coup. On n’a le droit de tenir la main de personne. Chacun franchit le portail seul. Et ensuite, ils te prennent tout. Tes affaires. Ton nom. Tout. »

Née à Vienne dans une famille bourgeoise et bien établie (Maman chanteuse lyrique, Papa médecin), Elisabetta a vécu une enfance heureuse. Mais la guerre, annonciatrice d’un avenir sombre, est venue perturber ce bonheur familiale. Un jour de 1944, alors que sa mère préparait une nouvelle fournée de pots de confiture, elle lui dit :

« - A la cave, derrière la porte du cellier, il y a l’armoire à pharmacie de père. A l’intérieur, tu trouveras un pot de confiture. Au cas où. - Au cas ou quoi ? -Au cas où ils viendraient nous chercher. -Et alors ? –C’est juste au cas où, Kezele. Au cas où ils voudraient te faire quelque chose et que je ne puisse pas t’aider. – Au cas où. – Il y a de l’arsenic dedans. Mais le dit pas à ton père, il me tuerait…. »

La frontière entre le passé et le présent est si ténue qu’ils s’entremêlent joliment, donnant à lire un roman émouvant et bien écrit.

Peur

Delcourt Littérature

20,00
par (Libraire)
1 mars 2018

Percutant – Hallucinant *****

Un thriller psychologique qui va s’imprimer dans votre mémoire pour un longtemps moment et changera inévitablement votre façon de donner le bain à vos enfants. (Sylvie Jeanne)

Pas besoin de beaucoup de cadavres ni de sang pour faire une œuvre marquante. Un seul suffit, monsieur Dieter Tiberius.

« A l’officier Leidinger, mon père a déclaré avoir tiré sur le locataire du sous-sol ; puis il n’a plus rien ajouré et a gardé son calme pendant toute la procédure. »

Une histoire hallucinante se dévoile au rythme de pages dévorées. Vous serez envoûté et chercherez à comprendre pourquoi le père d’un architecte renommé en vient à assassiner « l’homme de la cave », le voisin qui habite sous l’appartement de son fils.

Semer le doute, vous récolterez la terreur et l’effroi.

« Dieter Tiberius avait laissé une lettre sur le paillasson, trois pages manuscrites. Il disait nous soupçonner depuis quelque temps d’abuser de nos enfants… »

Les délires salasses d’un homme malade et frustré vont couvrir d’opprobre une famille bourgeoise Berlinoise et permettre au soupçon de s’immiscer dans l’esprit d’un couple sain, aimant profondément leurs enfants.

Vous serez sous le charme de la belle écriture de Dick Kurbjuweit et de ce récit terrifiant de réalité. Tenu en halène jusqu’à la dernière page.

Dernier train pour Canfranc
par (Libraire)
1 mars 2018

Historique et touchant

Une belle histoire de « Juste », dans une gare au décor de palace, pendant l’occupation nazie. (Sylvie Jeanne)

Magnifique et gigantesque, la gare de Canfranc, nichée au pied des Pyrénées, a été mise en service en 1928. Elle a accueilli des millions de voyageurs tout en permettant, durant la seconde guerre mondiale, à des milliers de juifs, de clandestins et de célébrités comme Joséphine Baker, Marc Chagall ou Max Ernst, de franchir la frontière espagnole au nez et à la barbe des officiers S.S.

« Pendant que Laurent se chargeait de distraire les soldats dans son bureau du rez-de-chaussée, dans l’hôtel au-dessus de leurs têtes, les réfugiés, après avoir grimpé un large escalier en bois, traversaient un vestibule où trônaient deux lampadaires en fer forgé blancs, éteints, aux globes de cristal. »

Même si l’histoire du chef de gare, Albert Le Lay (Laurent Juste, dans le roman) et des autres résistants, a été romancée, elle n’en efface pas moins le courage et l’héroïsme de tous ses hommes et femmes qui firent partis de la résistance et sauvèrent des griffes allemandes des personnes persécutées, au péril de leur vie.

« Jana était bouleversée même si elle essayait de ne rien en montrer. Le télégramme les avertissait que la Gestapo avait découvert les activités illicites de Laurent et s’apprêtait à l’arrêter. Ce qui signifiait qu’ils allaient tous être déportés, disparaître dans le néant, mais auparavant on leur ferait traverser les cercles de l’enfer. »

Une belle histoire d’amour dans un environnement où les hommes et les femmes sont nourris à la peur.

Au nom de ma mère
par (Libraire)
1 mars 2018

Intense et Bouleversant

Un roman qui vous restera très longtemps en mémoire tellement l’histoire est intense et bouleversante.

Seattle 2012. Felicity, jeune médecin, décide de partir à Kaboul pour rejoindre l’organisation Médecins du Monde au moment où sa grand-mère décède. La jeune femme décide de reporter son départ afin d’assister à son enterrement. Mais sa mère disparait. Felicity part à sa recherche et la retrouve à Rome.

« -Je te cherchais. Papa et moi nous faisions un sang d’encre. Tu as disparu sans même laisser un mot : qu’est-ce qui t’a prise ? Pourquoi n’as-tu pas au moins téléphoné ? Et que fais-tu ici ? Qu’est-ce que tous ces papiers ?

Munich 1923. Un monde d’insouciance où la belle Elisabeth, Diva adulée et épouse adorée d’un médecin juif renommé, mène une vie riche et lumineuse. Mais le voile noir que le nazisme tire sur l’Allemagne va bouleverser la vie de tous les juifs et détruire sa petite famille cultivée et généreuse.

« -Des sympathisants d’Hitler, on en voit partout désormais et qui sait où cela va nous mener ? poursuivit Gerlich sur sa lancée. Les Allemands ne se doutent pas de ce qu’il leur en coûtera de suivre cet Autrichien. »

Ne pouvant fuir, Gustav, Elisabeth et leurs enfants, Déborah et Wolfgang, se retrouvent dans un engrenage infernal qui les fait glisser dans un piège pervers et sordide.

« Moins d’un mois plus tard, elle retourna à Berlin pour chanter à l’Opéra d’Unter den Lingen. Le Führer assista à la première, flaqué de Göring qui arborait toutes ses décorations et rayonnait comme si tout le mérite de cette prestation lui revenait. Gustav, son époux, était officiellement porté disparu. »

Un roman puissant et inattendu, d’une efficacité redoutable, qu’il ne faut dévoiler sous aucun prétexte, laissant au lecteur la joie de découvrir cette histoire extraordinaire qui court sur quatre générations de femmes, aussi belles qu’intelligentes.

L'art de perdre , Prix Goncourt des Lycéens - 2017

Prix Goncourt des Lycéens - 2017

Flammarion

par (Libraire)
16 septembre 2017

Authentique et Bouleversant

Un roman d’une puissante profondeur qui traite d’un sujet longtemps considéré tabou : la guerre d’Algérie et le rapatriement des harkis en France.
Sylvie Jeanne, lectrice.

« L’Art de Perdre » parle de l’Algérie coloniale et de la guerre d’indépendance qui mit des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants dans une situation des plus catastrophique. « …Ceux que le FLN a tués sont des traîtres à la nation algérienne et ceux que l’armée a tués des traîtres à la France. Ce qu’a été leur vie ne compte pas : c’est la mort qui détermine tout. » « Et tout l’honneur dont Ali aura fait preuve de son vivant disparaître d’un mouvement de lame pour l’afficher comme un traître mort.»

Le sort des harkis Kabyles n’était pas enviable, en 1962. Pris entre trois forces destructrices, l’armée française, le FLN et l’OAS, ceux qui purent émigrer (une infime partie) se retrouvèrent entassés dans des camps provisoires puis expédiés dans des fermes perdues où dans des hameaux forestiers, avant d’être implantés dans des cités urbaines à la périphérie des villes.

La plume éclairée d’Alice Zeniter nous entraîne dans une histoire bouleversante, celle de sa famille, où la peur a régné en maître absolu durant des décennies.

« -la peur de faire des fautes de français –la peur de donner son nom et son prénom à certaines personnes, surtout celles qui ont plus de soixante-dix ans –la peur qu’on lui demande en quelle année sa famille est arrivée en France –la peur d’être assimilée aux terroristes »

La guerre d’Algérie a fait des ravages et drainée des milliers de réfugiés qui ont été mal traités et parqués. Ne serait-ce pas encore d’actualité ? L’Histoire de l’humanité ne tournerait-elle pas en rond ?

Très belle saga familiale, d’une grande profondeur et emprunt d’humanité.