Caroline P.

LE BON SENS
20,00
par (Libraire)
30 janvier 2020

Quarante ans après l'épopée de Jeanne d'Arc - retracée dans Le bon cœur -, Michel Bernard décrit l'incroyable combat de quelques hommes pour sa réhabilitation par l’Église qui l'avait condamnée. Jeanne, souvenir incandescent des jours de conquête, redevient un enjeu politique pour la pérennité de la paix et la concorde dans le royaume.
La trahison des clercs de la Sorbonne, juges de la Pucelle et acquis à la cause anglaise, doit être punie. Mais l'humeur de Charles VII, roi désormais triomphant, est moins portée à la vengeance qu'à la mélancolie et au souvenir de sa maîtresse, Agnès Sorel.
Le récit oscille entre l'enquête pour établir les circonstances de la condamnation et les moments d' un règne finissant. Michel Bernard révèle la personnalité complexe d'un roi mal-aimé de la mémoire collective et illustre aussi les contradictions d'un souverain, écartelé entre la nécessité de l'action et le tentation du retrait. On souligne aussi la prose d'un lyrisme sobre de ce très beau roman historique.

De pierre et d'os
par (Libraire)
28 août 2019

Se déroule au fil des pages l'existence d'une inuit, de sa séparation impromptue d'avec ses parents, due à une brisure de la banquise (ce sont des choses qui arrivent aux enfants du pôle Nord) à sa mort bien des années plus tard après une vie riche de plusieurs amours, d'enfants, d'événements dramatiques ou initiatiques.
Bérangère Cournut fait miroiter avec son héroïne un monde fait de nécessité et de magie, centré sur la survie, où chaque jour devient une aventure de chasse, de bataille avec les éléments, où la vie spirituelle accompagne chaque geste auquel il faut donner sens car chaque geste ou sentiment est un sursis ou un péril. La tension dramatique tient justement dans ces aventures quotidiennes et pourtant extraordinaires de l'art de la survie et une évocation pleine de lyrisme comme comme un hommage rendu aux chants ancestraux que ce peuple se raconte avant le coucher. Très beau et original.

Une bête au paradis
18,00
par (Libraire)
28 août 2019

Une histoire d'amour folle pour une terre et de passion ravageuse pour un homme, tels vont être les deux feux brûlant la vie de Blanche, héroïne de Stéphanie Coulon. Les personnages de ce nouveau roman sont percutants, et particulièrement touchants sont ceux du frère, Alexandre et d'Emilienne, la grand-mère, ainsi que du commis, Louis, tous gardiens d'un monde régi par la coutume et les sentiments contenus. Coulon confirme son talent pour le roman et les personnages emblématiques et construit avec une véritable force dramatique une histoire de passions contradictoires, impossibles à abolir.

Civilizations
par (Libraire)
28 août 2019

Laurent Binet aime manipuler la matière historique, et réussit ici un détournement brillant de plus de cinq siècles d'Histoire : par des successions de jeux de déplacement des événements réels il invente une série d'échecs du côté européen et de réussites stupéfiantes du côté des Incas puis des Mexicains pour construire un monde occidental colonisé par la civilisation amérindienne.
La force de ce livre est de rendre plausible ce renversement historique. Très érudit au fond, ce roman uchronique à l'imagination audacieuse bouscule nos certitudes, nous fait toucher du doigt la fragilité des mondes, ce que nous croyons établi pour toujours. L'humour même affleure, le jeu permanent y compris dans l'écriture des formes littéraires emprunte à la saga nordique, au journal d'explorateur, à la chronique historique officielle, aux mémoires des grands hommes. Une parfaite réussite pour ce vrai-faux roman historique.

Virginia
19,90
par (Libraire)
28 août 2019

Ceux qui attendent une biographie classique sur la vie de Virginia Woolf ne trouveront pas ce qu'ils cherchent. Emmanuelle Favier tente avec ce texte de circonscrire le monde qui a fait naître la grande écrivaine. Car rien n'est fracassant durant cette enfance victorienne à souhait, entre bienséance et originalité de bon aloi, digne d'une famille d'intellectuels anglais, fratrie recomposée et abus tus, éducation libre et au fond indigente au regard de l'appétit frustré de la jeune Virginia Stephen, de l'abandon dont elle est victime face à cette fameuse mélancolie qui l'assaille très tôt.
Mais le travail de Favier est de jouer sans surjouer avec les motifs qui traverseront toute l’œuvre de Woolf. Ses recherches, ses évocations des événements, des artistes de l'époque nourrissent la matière de ce que l'on pourra lire plus tard. Ce portrait hommage au plus proche de l'être de la future écrivaine au, à l'écriture sinueuse et littéraire pourra en dérouter certains mais le sujet s'y prêtent. Un exercice envoûtant que cette Virginia d'avant Woolf.