Am Fred B.

L'événement anthropocène / la Terre, l'histoire et nous
25 février 2020

Nous avons fait fausse route...

L’événement Anthropocène est écrit à quatre mains, par deux historiens qui ont toujours concilié regards historique et scientifique. Paru en 2013 et revu en 2016, devenu depuis une référence, il trace un chemin qui va d’hier à demain. L’anthropocène est l’ère dans laquelle nous sommes entrés depuis deux siècles et demi sans doute, « ce moment bref et exceptionnel de croissance industrielle », pendant lequel l’être humain a marqué durablement la planète ; le terme « événement », au sens de « ce qui est arrivé », signifie bien la « rupture irréversible qui est derrière nous ».
On pourrait se lamenter et se laisser aller cyniquement à l’effondrement : le premier livre de Jean-Baptiste Fressoz s’intitulait d’ailleurs « L’Apocalypse joyeuse » … Mais comprendre, c’est le premier degré de l’action. Les auteurs s’appuient donc sur des données très nombreuses, sur une bibliographie ample et transdisciplinaire pour documenter cet anthropocène. Par exemple ceci : nous connaissons les méfaits de la colonisation, mais il n’est pas indifférent de savoir, chiffres à l’appui, que l’occident a littéralement vidé de leur substance les pays périphériques, déplaçant dès le XIXe siècle son empreinte écologique dans ces pays dominés.
Mais surtout, en bons chercheurs, ils ont à cœur de discuter la notion, de la soumettre à de multiples regards. Ils proposent ainsi d’autres appellations : on pourra citer le « thanatocène », qui met en lumière la portée éminemment destructrice du complexe militaro-industriel ; ou le « capitalocène », qui retrace les liens étroits entre la recherche du profit et la dégradation du système-Terre.
Enfin, ils mettent en garde contre les utilisations dévoyées de cette notion : un nouveau pouvoir technico-scientifique s’en emparerait pour imposer « un géogouvernement des savants » à une population anesthésiée. Aujourd’hui, le danger serait de croire au grand récit naïf d’une prise de conscience, après des siècles d’ignorance ; là encore, un regard historique montre que les luttes contre l’appropriation du monde ont toujours existé. La question n’est donc pas : pourquoi n'avons-nous pas agi ? mais : pourquoi et comment ont été étouffées les voix nombreuses qui nous alertaient ? Un livre politique, donc. Riche, construit, étayé, bien écrit et très clair pour peu qu’on s’en donne la peine : un livre qui ouvre les yeux.
Frédéric

Le jihadisme français, Quartiers, Syrie, prisons

Quartiers, Syrie, prisons

Gallimard

22,00
21 février 2020

"L'esprit est toujours en retard sur le monde" (Albert Camus)

C'est pour contribuer à une action publique que le jeune chercheur nous fait part de son enquête, menée en prison auprès de "revenants" de Daech et de candidats au jihad. En montrant les liens entre des lieux a priori étanches - quartiers de villes européennes, Syrie, prisons - il propose une explication géographique et géopolitique à la radicalisation islamiste, entre mondialisation numérique et management idéologique. Il alerte sur les projets de séparatisme et de communautarisme, nouvelles stratégies de l'après-Daech, et sur l'aveuglement coupable des sociétés occidentales, dont les forces mêmes résident dans la cohésion sociale et L’État de droit démocratique.

Anne-Marie

Basse naissance
20,00
21 février 2020

Inhumaine précarité : enquête sociale en Ecosse

Enquête d'une écrivaine britannique sur les lieux de son enfance : des centres d'accueil d'urgence et de l'aide sociale à l'enfance aux conférences littéraires londoniennes, quelle est la place de cette femme dans la société ? Quelle identité construire sur une enfance angoissée par l'insécurité matérielle et affective, transmise aux femmes de sa famille de génération en génération ? Par quels mécanismes la violence et la pauvreté se transmettent-elles ? Comment les déjouer ? Pourquoi la reproduction de ces inégalités ne rencontre-t-elle que l'indifférence et la résignation des politiques ? Récit-témoignage d'une trans-classe en alerte.

Anne-Marie

Tous les hommes désirent naturellement savoir
8 février 2020

Fort comme le soleil, brûlant comme les questions

Ardent portrait d'une femme, qui interroge ses souvenirs, entre Rennes, Alger et Paris, à 4, 14 et 18 ans, en quête d'amour et d'identité, mais aussi questionne ce qu'elle sait de ses parents et grands-parents. Des pas pour comprendre l'abandon et le désir, pour devenir, échapper, être libre. Écrire pour rêver, réparer, adoucir, retrouver la force du soleil perdu, capter la beauté au-delà de la tristesse, chercher l'origine de la violence - et la lumière.

Anne-Marie

Miss Islande
22 janvier 2020

Un pull en laine pour attendre le printemps

Une jeune femme islandaise dans les années 60. Son nom est un volcan. Elle n'aspire qu'à la liberté et à la beauté. Écrire, toucher la peau d'un homme, et sentir la lumière sur les choses. Joli portrait non conventionnel d'une femme libre et d'une artiste, avec la rudesse délicate de l'auteur de "Rosa Candida".

Anne-Marie