Am Fred B.

La Zone du Dehors
24 novembre 2018

Sous les pavés, le futur

La Zone du Dehors, c'est mai 68 chez Orwell, un cocktail magique SF + anarchie ! Récit d'une rébellion joyeuse et échevelée contre un ordre social mesquin et stérilisant. Baroque, violent aussi, mais réjouissant.

Le Voyage de Simon Morley
5 octobre 2018

Plongée somptueuse et mélancolique

Pas de technique ni d'extraterrestres, mais un voyage dans le XIXe siècle par la simple force de l'esprit. Ce roman a une force rare, une puissance visuelle et sensible presque hallucinante. Le passé devient présent, vivant, au point qu'on en sort nostalgique, comme le héros ...
Frédéric

La parole manipulée
3 octobre 2018

Parler, pour quoi faire?

En démocratie, la parole est essentielle ... mais fragile. Dans cet essai lumineux, Philippe Breton, spécialiste de la communication, retrace la naissance de cette parole démocratique, comme substitut à la violence de la vengeance : c'était en Grèce, bien sûr, dans l'Antiquité. Puis elle a été dévoyée, détournée : par les sophistes, mais aussi, plus près de nous, par la propagande, les discours populistes, et même la publicité, dont la force n'est pas moins redoutable que celle de la propagande d'hier... Nos sociétés se sont construites sur la liberté d'expression, mais ne sont pas libérées de la manipulation.
Un livre utile et salutaire. Frédéric

J'ai couru vers le Nil
26 septembre 2018

Pour ceux de la place Tharir.

Vis ma vie d’Égyptien ! L'histoire commence comme un feuilleton satirique sur l'hypocrisie ordinaire des bigots extrémistes, et se termine dans la spirale tragique d'une dystopie en cours. Le romancier nous invite à partager le quotidien de ses compatriotes. Il parvient à nous faire comprendre et tristement ressentir la révolte d'une jeunesse avide de justice face à une société résignée à la corruption et minée par la propagande. Éloge de la jeunesse et de son exigence.

Coup de coeur d'Anne-Marie.

La Loi de la mer
18,00
10 septembre 2018

Un récit d'une grande retenue, qui rend les drames encore plus éclatants.

On peut se dire en ouvrant ce livre qu'on sait déjà tout sur Lampedusa, ou presque. Mais la force de Davide Enia, c'est qu'il ne cherche pas à frapper les esprits par une surenchère de drames ; il connait l'île et ses hôtes ; il s'y rend avec son père, comme pour recoller une blessure. Il s'avance par petites touches sensibles et nous fait peu à peu rentrer dans la vie de quelques insulaires "héroïques". Nous entendons leurs récits, mais aussi, toujours, le contexte sensible, concret qui les accompagne : le vent de la mer, le sel, les pâtes d'un repas simple, et aussi les silences, les gestes anodins qui en disent parfois beaucoup. Une grande retenue, donc, qui rend les drames encore plus éclatants. Après la lecture, les informations sur cette île délivrées par les médias prennent un tout autre sens.
Frédéric