Récidive 1938

Presses universitaires de France

15,00
par (Libraire)
3 septembre 2019

1938, l'année des défaites

Dans une démarche volontairement empirique, qui a consisté, pour l'essentiel, à lire les journaux et discours de l'époque (auxquels internet donne un accès immédiat et quasi-illimité), Michaël Foessel, qui aime à rappeler qu'il n'est pas historien mais philosophe, éclaire l'année 1938 à la lumière des mécanismes qui font reculer une démocratie.
Ce qu'il perçoit et analyse c'est l'installation d'une rhétorique qui masque et légitime dans le même temps le renoncement aux valeurs de la République, qui va conduire, à partir de la fin du Front populaire à une série de « défaites » : défaite des partis, défaite sociale, défaite morale enfin, à travers les accords de Munich bien sûr, mais aussi sur la question de la « tragédie des réfugiés » (comprendre celle des Juifs qui fuient le Reich) qui n'est pas sans évoquer notre « crise des migrants ». Sombre tableau qui illustre aussi une défaite intellectuelle à laquelle échappent heureusement quelques figures (celle peu connue d'Henri de Kerillis, celles de Georges Bernanos ou de Marc Bloch).
1938 n'est pas 2018, et l'histoire ne se répète pas tient à souligner Michaël Foessel. Il ne nous en alerte pas moins sur ce qui pourrait être aujourd'hui la mise en place d'une même rhétorique du renoncement, qui n'annoncerait rien de bon.
Un livre essentiel.

Jean-Luc

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