Conseils de lecture

La terre nous est étroite et autres poèmes, (1966-1999)
13,30
par
12 avril 2019

Toujours plus vivant !

DARWICH c'est :
l'exil et son chant
la prison et sa clef
l'épée et la rose
la mère sans enfant
le temps et le poing
l'étranger en miroir
la perte et l'amour,

jasmin et café ...

Coup de cœur de F. Drode


Magazine Zadig, 1, Réparer la France
19,00
par (Libraire)
10 avril 2019

UN MAGAZINE POUR VOIR LA FRANCE AUTREMENT

La création d’un titre dans la presse écrite est toujours une aventure. Avec le premier numéro de Zadig, Eric Fottorino, nous offre une revue qui se veut différente en se dégageant de l’actualité pour décrire « une » France dont on dit qu’elle est oubliée. Indispensable.

« Parler des invisibles, c’est aller à la rencontre de vies qui ne sont pas assez racontées. On part de trajectoires singulières pour faire comprendre des réalités sociales plus larges, mais restées dans l’ombre. Cela participe d’un projet de représentation démocratique ». Ces propos sont ceux de l’historien Pierre Ronsanvallon dans la remarquable interview que lui consacre le premier numéro de « Zadig ». Lassé de voir le mot « peuple » approprié par des partis politiques, sans lui donner du contenu, le sociologue estime qu’il est essentiel de faire entendre la voix de ceux qu’il appelle les « invisibles ». Cette volonté, c’est Eric Fottorino qui la reprend à son compte avec ce nouveau trimestriel qui porte le titre ambitieux de « Réparer la France ».

C’est bien de cela qu’il s’agit en effet, cette volonté de donner leur juste place aux absents des média notamment. Alors en lisant ce numéro, on n’est pas surpris de découvrir la place importante accordée aux portraits et aux métiers de ces oubliés. Jean Marie et Serge sont pêcheurs au Guilvinec, Carole est infirmière à Audresselles, et des journalistes les ont accompagnés pendant trois ou quatre jours dans leur quotidien. Eux, mais aussi leurs patients, leurs collègues apportant dans leur témoignage la réalité d’une vie sociale méconnue.

« Des mots porteurs comme des murs porteurs » c’est ce que croit le directeur de publication. L'écrit permet de prendre le recul et si les écrivains ont toute leur place, Maylis de Kérangal nous parle du Havre par exemple, les lieux ne sont pas oubliés visant à dresser un état des territoires comme cet édifiant reportage du côté de Vesoul où le traffic de stupéfiants bat son plein, loin des idées reçues d’une campagne à l’abri des turpitudes de la ville. Tout n’est pas noir et Zadig dresse certes un portrait sombre, mais décrit aussi des domaines d’espoir, de réussite, des pistes pour accompagner des transformations sociales et économiques inéluctables.
Il ne part pas de rien ce « mook » (contraction de M comme magazine et ook comme book), il s’appuie sur la réussite de « America » créé par Fottorino, déjà, avec François Busnel, après l’élection de Trump et qui a comme ambition de mieux comprendre les Etats Unis par le truchement de rencontres d’écrivains, de la littérature. Les lecteurs d’America se retrouveront donc en territoire connu avec une présentation, format, maquette, tellement proche et aussi soignée. Pas de publicités, l’utilisation importante et réussie de dessins, de schémas, de graphiques explicites, prix de vente identique, prolongent l’expérience d’America qui publie son neuvième opus. rédactionnel comparable.

America arrêtera sa parution avec la fin du mandat de Trump. Rien de cela n’est prévu avec Zadig et les premiers résultats de la vente de ce numéro un laissent supposer que le trimestriel débute une longue et passionnante aventure.



Alto Braco
19,00
par (Libraire)
3 avril 2019

Un roman des origines

Brune, double de l’autrice, va découvrir en retournant sur l’Aubrac de son enfance, que l’on n’échappe jamais à ses origines. Un magnifique roman sur la transmission et le sentiment d’appartenance.

C’est un roman qui raconte l’histoire de deux jeunes filles figées dans un médaillon sur la couverture. Elles s’appellent Douce et Granita. Elles sont soeurs et elles sont grand mère et grand tante de Brune que les deux femmes ont élevée. Brune, qui a quitté l’Aveyron jeune pour la région parisienne, revient dans un petit village d’Aubrac pour enterrer Douce. Avec ce retour dans les paysages qu’elle a occultés, elle revient vers son passé, son enfance. Brune, citadine, va au fur et à mesure de ses retours sur le haut plateau, découvrir d’où elle vient vraiment.

Dans ce second roman, Vanessa Bamberger réussit à nous faire saisir la confrontation entre les univers si dissemblables du monde citadin et du monde rural. Elle trace des passerelles entre la ville et le village, entre le passé et le présent, entre la tradition et la modernité. Entre notre enfance et notre vie d’adulte. Une totale réussite.

Eric


À la ligne, Feuillets d'usine

Feuillets d'usine

La Table Ronde

18,00
par (Libraire)
30 mars 2019

Du sang , de la sueur et des larmes

Lorsque Joseph s'installe en Bretagne, force est de constater que les postes d'éducateur spécialisé ne courent pas les rues. Arrivé au terme de ses droits sociaux, il n'a d'autre choix que d'intégrer l'usine. Ce sera d'abord l'usine de crevettes , puis celle des bulots, viendront enfin les abattoirs.
Joseph Pontus raconte le corps qui s'épuise à l'usine, la précarité, la fierté des ouvriers, leurs combats contre les chefaillons en quête de toujours plus de productivité , l'ennui aussi, ce mouvement qui n'en finit jamais.
Heureusement pour lui, la poésie de Trenet, les vers d'Apollinaire et ceux d'Aragon, permettent à l'âme de se libérer quand le corps n'est plus que machine.
Un premier roman coup de poing, faisant écho au monde d'aujourd'hui .
A ne pas rater !
Mila


Personne n'a peur des gens qui sourient
19,00
par (Libraire)
30 mars 2019

Laissez-vous mener par le bout du nez !

Un vrai plaisir ce dernier roman de Véronique Ovaldé ! Il est plein de surprises... Une jeune femme quitte soudainement le Sud de la France avec ses deux petites filles pour une maison abandonnée en Alsace. Sont-elles menacées, pourquoi ? Construit comme un thriller, ce roman nous mène par le bout du nez !